mardi 21 octobre 2014

« Ce qui est le plus négligé dans nos écoles est justement ce dont nous avons le plus besoin dans la vie. » H. Spencer

L'école... cette énorme machinerie, ce monstre écrasant, ce trieur castratateur.
L'école... ses enfants frustrés, ses professeurs méprisants, ses directions déconnectées.
L'école... des rêves brisés, des ambitions rabottées, des espoirs broyés.
L'école... un maillon de chaîne capitaliste, productiviste et libérale.

Cette école est dénoncée par la magnifique pièce "Entre rêve et poussière" au Théâtre de Liège.

Le collectif de créateurs met en scène un scénario qui correspond parfaitement à la réalité scolaire... ce qui est absolument effrayant!
L'école y est montrée telle qu'elle est - malheureusement - : une usine rentable à pantins à qui on retire l'imagination et la créativité pour en faire des adultes juste bons à faire du fric!
Les enfants, les adolescents, adultes de demain, valent mieux que ça!
Sans oublier cette filière professionnelle, trop souvent utilisée comme une menace et une sanction. Un a priori véhiculé par l'école et par les familles, très justement souligné dans cette pièce. Respectons cette orientation et a fortiori tous ceux qui la choisissent.

Comment parler de cette pièce sans mentionner l'actrice. Du haut de sa petie dizaine d'années, Juliette est fraiche, dynamique, juste... simplement époustouflante!

Merci à David Daubresse d'oser dénoncer la voie malsaine empruntée par l'école, merci à Juliete Minon de l'interprêter si incroyablement!


vendredi 10 octobre 2014

L’été s’est terminé sur les notes jazz rétro du dernier Woody Allen.

Après Barcelone, Rome, Paris et Londres, le réalisateur nous emmène dans le sud de la France : Nice, Cannes, Menton.
Déçue des précédents opus, l’idée de la carte postale idyllique ne me séduisait qu’à moitié. Néanmoins, les critiques positives et ma connaissance personnelle de la région m’ont convaincue et j’ai enfoncé la porte du cinéma.

Jazz, cynisme et vue sur la mer rythment cette aventure magique, pleinement portée par un Colin Firth de feu de Dieu, qui baigne avec aise dans cette ambiance années 20 !

Ce n’est pas le meilleur – Blue Jasmine, Annie Hall – ce n’est pas le pire non plus – Scoop. C’est un Woody Allen qui peut mieux faire, à l’image d’un élève qui vise la moitié…

Trop d’assurance, un public conquis à l’avance, et finalement : un gentil psychodrame amoureux bien casté et joliment mis en musique !


Avis nuancé, à l’image de Woody : 6/10 ! 

On gardera tout de même en tête, la belle playlist du film : 
1. You Do Something To Me – Leo Reisman & His Orchestra (2:46)
2. It’s All a Swindle (“Alles Schwindel”) – Ute Lemper (4:21)
3. Moritat – Conal Fowkes (2:40)
4. Dancing With Tears In My Eyes – Nat Shilkret & His Orchestra (3:04)
5. Big Boy – Bix Beiderbecke (2:49)
6. Thou Swell – Bix Beiderbecke (2:57)
7. Sorry – Bix Beiderbecke & His Gang (2:53)
8. The Sheik of Araby (with The De Paris Brothers Orchestra) – Sidney DeParis (2:44)
9. Chinatown, My Chinatown – The Firehouse Five Plus Two (2:21)
10. Remember Me – Al Bowlly (2:53)
11. Charleston – Paul Whiteman & His Orchestra (2:44)
12. Sweet Georgia Brown – California Ramblers (2:53)
13. You Call It Madness (But I Call It Love) – Smith Ballew and His Piping Rock Orchestra (3:17)
14. At the Jazz Band Ball – Bix Beiderbecke & His Gang (2:50)
15. It All Depends On You – Ruth Etting (2:55)
16. I’ll Get By (As Long As I Have You) – Conal Fowkes (2:36) 

jeudi 9 octobre 2014

La fin n'est pas, seul le recommencement existe.




Les jours, les semaines, les mois ont défilé. Une multitude d'événements se sont produits, les statuts ont changé. Etudiante j'étais, enseignante je suis, mais l'envie d'écrire, de partager mes coups de coeurs littéraires, théâtraux, musicaux, cinématographiques, artistiques, politiques, citoyens, architecturaux est toujours omniprésente. Celle de partager les coups de gueule aussi!


Quelques statuts vite postés, vite oubliés ont satisfait mollement ce désir, jusqu'à aujourd'hui. 

Les grandes résolutions riment souvent avec l'arrêt de la cigarette, de la mal bouffe, de ongles rongés, des reproches. Je n'arrête rien, je redémarre tout, je recommence, je réécris. 

Les contraintes scolaires envolées, la liberté d'écriture est plus grande, les sujets plus vastes, les lecteurs moins nombreux. 

Un abonnement au Théâtre de Liège, une envie frénétique de découvertes littéraires, un goût certain pour l'actualité et les médias, des fonds sonores variants, des cadres enivrants, des découvertes cinématographiques rythmeront les articles. 

A défaut d'un lectorat multiple, je tiens déjà à remercier mon unique lectrice... Elle se reconnaîtra. 

lundi 13 mai 2013

C'est fini :(

J'aimerais dresser un dernier bilan du carnet de lecture.
Bilan de Julie, l'étudiante : 
Tout d'abord, c'est bien clair, j'ai adoré écrire sur mon blog, échanger avec les autres élèves, je pense surtout à Sarah avec qui j'ai eu des véritables échanges.
Ensuite, ce blog a été pour moi comme une carotte : tu veux écrire ? Il faut que tu lises ma grande !
Enfin, il faut savoir qu'en première année, j'étais pas DU TOUT intéressée par le cours ! Les Malheurs de Sophie, Jules Vernes, Sombre citrouille... c'était pas mon truc. J'aurais dû faire un carnet de lecture sur ces titres, ça aurait été un grand moment de cynisme. Cette année, les lectures étaient tout autre ! Junk, Sobibor, Genesis, Jennifer Jones, Algernon... c'était enrichissant, ça amenait à une réelle réflexion, ça m'a ouverte à ce cours qui va bien me manquer l'année prochaine!
J'ouvre d'ailleurs la porte à toute proposition de lecture en littérature jeunesse !
Je pense sérieusement que les objectifs visés pour ce projet sont atteints. Il a été le projet que j'ai le plus apprécié cette année, car il avait un réel sens. Le carnet de lecture ne se substituait pas au cours, il était un appui supplémentaire, il permettait de travailler les livres de manière individuelle de manière plus approfondie.

Bilan de Madame Ruwet, la prof:
J'ai envie de dire MILLE fois OUI pour réaliser ce travail avec mes élèves.
Néanmoins, avec quelques aménagements :

- Tout le monde devrait faire un blog, des séances consacrées à cela seront organisées une semaine sur deux dans la salle informatique pour les élèves n'ayant pas accès à internet;
- Tout le monde devrait rendre une version papier pour la correction;
- Tout le monde devrait consulter régulièrement les autres blogs et les commenter afin de créer de vrais échanges;
- Les articles pour chaque livre devraient être rédigés une première fois avant la leçon consacrée à ce même livre et puis un deuxième article viendrait complèter le premier par rapport aux apports de la leçon;
- Les articles seraient imprimés et rendus à l'enseignante aux leçons consacrées au livre.



Mourlevat... tu vois quand tu veux !

Je ne suis pas encore très loin dans ma lecture de Combat d'hiver, mais j'identifie déjà une veine tout à fait différente chez ce cher Mourlevat !
Nous sommes ici clairement dans la science-fiction, face à une société qui m'a l'air totalitaire et des adolescents plutôt rebelles. J'ai l'impression que par ce roman il veut aller plus loin que dans ceux que l'on a lu précédemment, il a l'air de vouloir dénoncer quelque chose, certains systèmes, certains comportements.
Néanmoins, nous repérons des thèmes cher à l'auteur, notamment celui de la fuite, du voyage et de l'aventure.
Enfin, je pense que je vais davantage aimer ce roman de part le fait qu'ils s'adressent clairement à un lectorat plus âgé que celui de l'Enfant Océan ! Le style est plus complexe, les problématiques plus "sociales" et les thèmes se rapprochent davantage de mes intérêts
C'est donc avec plaisir que je ne rejette pas ce roman et que je continue ma lecture.

La bibliothèque Gallimars, texte & dossier

Dans l'édition de Sobibor que j'avais il y avait un dossier pédagogique et des arrêts sur lecture.
MOLLA, Sobibor, Gallimard éducation, Paris, 2007.
J'aimerais revenir sur ce genre de pratiques, à savoir si c'est utile ou non.
L'édition commence par ce qu'elle appelle un "florilège". Il s'agit d'une série de citation hors-contexte qui déflorent le sujet, je ne trouve pas que cela ait sa place au début du roman.
Ensuite, nous avons une biographie de l'auteur, un retour sur la place de la littérature de jeunesse et un entretien avec l'auteur. Une fois encore, je ne trouve pas que ces informations ont leur place avant le roman à proprement parler. J'aime tellement commencer un roman vierge de toutes informations, de toutes orientations que je trouve ces deux premiers textes en trop.

Le premier arrêt sur lecture a lieu après le chapitre 3.
Il nous pose d'abord des questions sur organisation du roman, sa préface. Il y a ensuite une analyse de la couverture de Sobibor dans l'édition de l'Ecole des Loisirs, un texte sur les différents types de narrateurs au sein de roman et enfin un point sur l'Histoire vue par un collaborationniste. Après ces différents textes, une série de questions sont posées au jeune lecteur.

Le deuxième arrêt sur lecture a lieu après le chapitre 8.
Il revient quasi uniquement sur l'anorexie, ses causes et ses conséquences de manière générale et par rapport à Emma. Ici encore, des questions et des exercices sont proposés.

Le troisième arrêt sur lecture invervient après le chapitre 11.
Il se concentre cette fois sur le camp d'extermination de Sobibor, en retrace un historique et nous offre des paroles de survivants.

Le dernier arrêt sur lecture est à la fin du récit.
Cette fois, il nous expose le mensonge romanesque et historique, mais aussi le travail de mémoire auquel Molla tient tant.

Ensuite, Gallimard jeunesse propose un bilan générale et l’œuvre et des annexes.

Je trouve cette collection très riche, mais pour les enseignants. Je ne donnerai pas cette édition aux élèves. Certaines réflexions sont trop poussées, d'autres pas assez. Enfin, j'estime que ce travail doit être fait en classe et que le travail de recherches sur Sobibor et sur l'anorexie doit être effectué par eux-mêmes. Je retiens cette collection pour la création de leçon, de cercle de lecture et autres activités autour du roman.

samedi 11 mai 2013

Mourlevat, je t'aurais !

Chose promise, chose dûe, Mourlevat, me revoilà !

Je ne sais pas ce qu'il m'a pris quand j'ai annoncé ça, mais je vais (ENCORE) lire un roman de Mourlevat. D'après les conseils d'une vendeuse de chez Agora, je vais préférer "Combat d'hiver", car c'est un roman de science-fiction plutôt engagé m'a-t-elle dit. C'est surtout une sacré brique que je commence ce samedi, donc je ne suis pas certaine de vous fournir un avis sur la globalité du livre pour mardi, j'ai une vie sociale aussi!

Dracula, je ne t'invite pas dans ma classe.

Madame Ruwet triche parce qu'elle a consulté la fiche pédagogique proposée par l'Ecole des Loisirs pour l'abrégé de Dracula. Cet article s'articule donc à partir de celle-ci.

Je trouve assez pertinent de "donner" ou plutôt de faire rechercher l'histoire du "vrai" Dracula. La fiction et la réalité se supportent l'une l'autre, s'entremêlent et parfois se confondent. Il est intéressant de montrer aux élèves dans quelle mesure elles sont liées ici.
Néanmoins, j'ai un peu froid dans le dos quand la fiche pédagogique conseille d'aller se promener dans les cimetières.

Je suis par ailleurs complètement sceptique par rapport à l'interview de "l'abrégeur" !
Les vampires ont existé et ils existent toujours, ce sont les soixante-huitards qui nous ont tout "pompé"... Humour certes, mais très peu pour moi !

Dracula en classe, j'ai envie de dire oui, mais pourtant... !
Tout d'abord, si je propose ce livre à mes élèves, je lirais la version intégrale. Ensuite, en fonction de mes nouvelles découvertes vampiriques, je déciderais de l'aborder par extraits ou en version abrégée. Les adolescents, pour le moment, sont des férus de fantastique et d'histoires avec des vampires. Surfons donc nous aussi sur cette vague pour leur proposer des livres qu'ils liront. Mais, ne nous moquons pas d'eux! Cette version abrégée est trop "gentille"! Ils veulent du sang, des tripes et des boyaux. Je ne suis pas certaine que l'Ecole des Loisirs leur fournisse ça.
Je pencherais davantage sur des extraits, à aborder en classe, issus de la version intégrale, s'il en existe...
Madame Ruwet, la prof.

vendredi 10 mai 2013

Comme un goût de trop peu !

J'aimerais revenir sur cette lecture et sur deux choses en particulier, ma façon d'aborder le roman et l'abrégé.

Tout d'abord, ma volonté d'écrire mes réactions après chaque chapitre m'a permis de me voir évoluer en tant que lectrice. J'étais tout d'abord très réticente à lire ce roman, puis, pendant toute la première partie très emballée et puis à nouveau réticente.
Cela s'explique très bien, les histoires de vampires ne m'attiraient pas de prime abord. Puis, je suis rentrée dans l'histoire, j'ai apprécié. Néanmoins, c'est un abrégé qui ne m'a pas apporté les détails et l'ambiance réelle de l'intrigue. Le bilan est donc mitigé.

Je pense que j'aime l'intrigue du roman, mais pas la version abrégée. J'ai l'impression d'être passée à côté de tellement de choses. Ces petits détails qui forment un tout, une atmosphère.
De plus, de nombreuses fois, pendant la lecture, j'éprouvais un manque d'informations, des trop grands écarts entre les dates. Un peu comme si on me cachait quelque chose. Certains éléments, pire, je ne les comprends pas. J'ai l'impression que la nature des relations que Mina entretient avec les différents hommes n'est pas celle qui est reflétée par l'abrégé par exemple.
Ensuite, je me demande où sont les scènes "gores" du roman gothique ? Certes, j'ai eu peur plusieurs fois, mais je n'ai pas trouvé ça si terrifiant finalement. Or, je suis persuadée que la version intégrale l'est. N'oublions pas que l'abrégé est ici un abrégé pour la jeunesse.
Je me demande en quoi la version intégrale est plus "trash" ou plus explicite quant aux rapports qu'entretient Mina avec les hommes du roman. Est-ce que abrégé n'est pas aussi synonyme de censuré ?

Je me suis procurée l'e-book de la version intégrale. Je compte bien le feuilleter afin de voir ce qui nous a été retiré !

Ma lecture se termine !

Chapitres XIX, XX et XXI (9h20)

Les choses se passent naturellement, comme prévu, c'est au tour de Mina d'être mordue par Dracula. Je le savais avant d'ouvrir le livre, pas d'étonnement donc. C'est bien dommage. Je ne lirai VRAIMENT plus les quatrième de couverture.

Chapitres XXII et XXIII

Enfin un peu de surprise, cette pauvre Mina ne va pas se contenter de mourir bêtement ! Elle va aider les autres à traquer Dracula et peut-être même à la tuer...
Comme elle est condamnée, n'était-elle pas celle aussi qui peut faire échouer volontairement l'entreprise, car Dracula est son maître? Enfin du suspens !

Chapitres XXIV et XXV

J'ai presque envie de leur dire de laisser tomber ! Dracula les fuit, ne ferait-il pas mieux de faire la même chose ? Il a des pouvoirs qu'eux non pas, ils vont se faire manger tout cru ! Je veux savoir, cette fois, en pleine journée, sûre que je ne m'endormirai pas !

Chapitre XXVI
Mina est leur guide... Mais vers quoi les guide-t-elle si ce n'est la mort ?

Chapitre XXVII
Même pas drôle, tout est bien qui finit bien. Un mort au passage. Ce mort nous touche à peine, n'étant pas un des narrateurs, nous n'avons pas la même sympathie à son égard.




jeudi 9 mai 2013

Genesis, entre politique, science-fiction et philosophie, c'est une société qui chancèle.

Lorsque Mme Centi a présenté les livres pour le travail à réaliser sur le genre, j'avais l'intention de réaliser mon TFE sur le lien entre science-fiction et philosophie. "Dans quelle mesure est-il utile d'utiliser les textes de science-fiction pour susciter la réflexion en morale?" était la question que j'avais en tête à l'époque. Dès lors, la présentation de ce roman était une bénédiction, c'est pourquoi je l'ai choisi.
Après la lecture, je fus désenchantée. Mon sujet de TFE ne s'adressait pas au secondaire inférieur, ou qu'à une bonne 3ième générale. Je trouvais ça trop restreint, trop contraignant. C'est pourquoi j'ai préféré oublier ce sujet, pour l'instant.

Revenons-en à Genesis.
Beckett invente notre futur. Des attentats, des changements climatiques, des conflits, la République de Platon et des épidémies. Le futur qu'il nous invente est le passé d'Anax. Les seuls protégés sont les humains isolés sur l'île d'Aoteraoa, que je croyais inventée, mais qui s'avère être la Nouvelle-Zélande. La Grande Barrière Martime les ont protégés et ils continuent d'empêcher tous les autres survivants d'accoster sur leurs côtes. Ils ont créé une société nouvelle, ordonnée et stable. Pour cela, la population est divisée en quatre classes, selon les génomes de chacun : Ouvriers, Soldats, Techniciens et Philosophes. Les enfants sont séparés de leurs parents, éduqués puis soumis à des tests pour être affectés à une classe ou éliminés. Le décor science-fictionnel est planté.

Une telle société, dans le futur, est-elle possible ? Au delà des orangs-outangs, est-il possible qu'un jour nous n'ayons plus notre Liberté de penser et de nous exprimer ? Est-il possible que nous rentrions dans ce genre d'oligarchie où la différence est éliminée parce qu'elle fait peur et qu'elle n'est pas contrôlable ? Est-ce le conformisme qui nous pousse vers ce genre de société ? N'a-t-on pas déjà un pied dedans?

Les réflexions sont nombreuses et remettent évidemment en cause notre propre société. Court-on à notre perte ?
Comme tous nos cours s'imbriquent si bien, je reprends une citation, hors contexte, d'un auteur abordé avec M. Furnelle.
« Les gens s'aperçoivent que l'objectif central de la vie humaine ne peut pas être de changer de voiture tous les trois ans plutôt que tous les six. Mais ils ne peuvent pas, jusqu'ici, trouver en eux-mêmes la ressource pour aller au-delà (...). Il ne s'agit pas seulement de créer une nouvelle conception politique, il s'agit de mettre en cause tout un mode de vie et d'en concevoir un autre, puisque dans la société de consommation règnent des partis bureaucratiques, pouvoir de l'argent et des médias, superficialisation de la culture sont intimement liés et solidaires.»
« Mettre en cause un mode de vie, CASTORIADIS », Le Monde, 28 décembre 1997

En nous proposant un mode de vie anti-utopique, Beckett nous propulse dans une question fondamentale :  Notre système est-il bon? Ne nous fera-t-il pas aboutir dans un système aussi discriminatoire et sectaire que celui de Genesis ? N'est-il pas, dés lors, nécessaire de réfléchir à un nouveau système qui ne nous pousserait pas dans les dangers de Genesis ? 

Cette dialectique est avant tout entre Anax et les examinateurs, mais elle est aussi entre notre conscience et nos problèmes sociétaux, avec lesquels on s'explique trop peu.

 

mercredi 8 mai 2013

Ma lecture se poursuit.

Entre hier soir et ce soir, il y a eu le cours de littérature de jeunesse où nous avons parlé de Dracula!
J'ai eu peur que l'on déflore davantage le sujet, la 4ième de couverture m'ayant déjà gâchée la surprise.
Heureusement, ce ne fut pas presque pas le cas, je peux continuer ma lecture en toute quiétude. Néanmoins, lorsque que j'entends Nicolas parler de l'épisode sur le bateau dans une adaptation cinématographique, ma sensation de manque par rapport aux "trous" dans l'édition abrégée ne fait qu'augmenter !  Je ne dis pas que je vais lire l'édition intégrale pour la cause, car je connais déjà la trame principale et lire plusieurs fois la même histoire n'est pas ma tasse de thé... mais zut quoi !
Peut-être est-ce un des buts de cette collection de classiques abrégés, donner l'envie de lire la vraie version ? Pousser les jeunes lecteurs dans les abîmes des romans classiques ?

Chapitre XIV (22h30)
Je lis ce que j'ai appris tout à l'heure : les personnes tuées par un vampire deviennent elles-mêmes vampires! Je ne sais absolument pas s'il y a des différences entre les vampires de sexe féminin et  ceux de sexe masculin.
Je me demande réellement comment cette histoire va se terminer. S'ils sont de plus en plus à être tués, il y aura de plus en plus de vampire et le monde en sera infesté. Je doute que ça soit la fin de Dracula. D'autant plus que tout à l'heure, j'ai appris que seul un pieu peut tuer un vampire, d'après le mythe originel. Je suppose donc qu'ils vont tuer les vampires. Mais qui sont ces gens qui constituent le "ils" ? Les médecins ? Jonathan ?

Chapitres XV, XVI et XVII
Ce sont des chapitres importants. Lucy est réellement morte, sa version vampire aussi. Nous avons la méthode pour tuer un vampire : il faut planter un pieu en bois dans le cœur, couper la tête et bourrer la bouche de la personne d'ail. 
C'est vrai que ça peut toujours servir une telle recette!

Par contre, à la fin du chapitre XVI, des nouveaux personnages (ou des personnages dont on a peu parler avant) arrivent. Cela perturbe ma lecture, car je ne sais pas qui ils sont. Une fois encore, le découpage nous empêche de comprendre l’entièreté de l'intrigue.


Chapitre XVIII
Van Helsing explique dans ce chapitre ce qu'est réellement un vampire et surtout organise cette chasse au nosferatu. Deuxième fois que je rencontre ce mot dans le roman, j'effectue donc une petite recherche. Il s'agit du nom d' une sorte de "race" de vampire. D'autres sites disent plutôt que c'est en fonction du niveau de vampiricité... Ça devient trop complexe pour moi.
Je sens que l'action va reprendre lors de cette chasse au vampire! Je commençais à m'ennuyer. C'est un moment creux du roman où les descriptions sont nombreuses. Place à l'action !

Hum...finalement je me suis endormie...(7h00, le lendemain!)

lundi 6 mai 2013

Dracula, heure par heure.

Concernant Dracula, j'ai décidé de tester un principe que j'ai vu dans quelques blogs, c'est-à-dire exprimer mon point de vue par chapitre ou presque, la rigueur n'étant pas mon point fort. Je trouvais ça d'autant plus intéressant de le faire avec ce roman car je suis complètement INCULTE concernant Dracula et tout ce qui s'apparente à des vampires. Il y a donc moyen que je sois drôle de par ma naïveté sur ce sujet.

Chapitres I et II : Journal de Jonathan Harker (21h45)

Je ne comprends pas très bien, Dracula n'est pas méchant? Il jette le rasoir de Jonathan pour ne plus qu'il se coupe ?!
Sinon, je retiens tout particulièrement le passage de la description physique de Dracula pour une leçon sur le portrait et la description. D'autant plus que le sujet des vampires intéressent les adolescentes de notre chère époque et qu'il n'est pas évident de les faire accrocher aux longues descriptions littéraires... (page 15)
Fin du chapitre II : Jonathan comprend qu'il est prisonnier.
J'avoue, j'ai envie d'en savoir plus, je continue encore...

Arrêt au milieu du chapitre IV: Journal de Jonathan Harker

Ca y est, nous sommes entrés dans le fantastique page 23. 

Je suis frustrée, il y a des trop gros vides entre les dates du journal de Jonathan ! Je ne sais même pas lesquels sont voulus par l'auteur et lesquels sont les suppressions de L'Ecole des Loisirs ! Horreur, Malheur, c'est la Salsa du Démon. (Désolée pour cette intrusion de la Salsa du démon ici, mais je ne peux m'empêcher d'y penser!)

Sinon, petite drôlerie page 21 : "Pas de refus ! Vous êtes d'accord?"
(Pensée personnelle: ça va me prend beaucoup plus de temps de lire ce livre avec tous ces arrêts ! Quelle idée j'ai eue ! )

Chapitres V et VI : Lettres et journal du Dr. Seward

Difficulté probable que les élèves vont rencontrer : la chronologie. Il faut être très attentif aux dates afin de bien suivre le fil de l'histoire, notamment avec ces nouveaux personnages.

Chapitres VII, VII et X 

Je ne comprends RIEN ! Il me manque de cruelles notions en vampirologie pour comprendre comment un vampire peut sucer notre sang sans que nous mourrions ou devenions vampire...

Je trouve, finalement, le procédé narratif très intéressant, car il permet aux lecteurs de ne pas se lasser. Le roman est sous diverses formes : journaux, lettres, articles de presse et ce de différents protagonistes. La polyphonie va plus loin et est très judicieuse ici.
Nous comprenons ce que les personnages ne comprennent pas et c'est assez plaisant ! 
Finalement, je crois que j'aime encore bien... même si je ne suis pas très rassurée de dormir seule après cette lecture !

Chapitres XI et XII (22h46)
Voilà, Lucy meurt. Il était temps ! C'est annoncé sur la quatrième de couverture et je suis déjà à la moitié du récit... Quel intérêt d'en dire tant dans ce qui est censé être un résumé apéritif ! Je ne pensais qu'il n'y avait qu'à Liège que l'apéro durait toute la soirée.
Je m'arrête ici pour ce soir...

Journal, oh, mon beau journal.

Dans le cadre des articles à rédiger sur Sobibor, j'aimerais m'arrêter sur ce genre qu'est le journal intime.
J'ai beaucoup apprécié son utilisation dans Sobibor parce que son utilisation est détournée. En effet, ce n'est pas l'héroïne qui nous livre son journal, mais son grand-père. C'est la façon qu'a choisi l'auteur pour raconter l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et des camps d'extermination. Elle permet donc de montrer de façon tout à fait directe le ressenti d'un personnage qui n'est néanmoins pas le personnage principal du roman. Cela permet également de ne pas complexifier davantage la trame narrative du roman tout en remontant les horloges jusque 1945.

Ce journal est présenté en alternance avec la narration "traditionnelle" d'Emma. Cette alternance est très claire, les lecteurs, aussi jeunes soient-ils, ne peuvent pas hésiter quant à la partie du roman dans laquelle ils se trouvent.

Ces deux narrations parallèles est un réel travail d'écriture pour Jean Molla car il utilise un vocabulaire tout à fait différent suivant qu'on se trouve dans la narration d'Emma ou dans celle de Jacques. Le vocabulaire de Jacques est, tout logiquement, plus soutenu.

Cette structura narrative permet également d'adopter le point de vue du bourreau. C'est un point de vue déjà utilisé en littérature générale, notamment par Robert Merle dans La mort est mon métier. Ce qui me frappe particulièrement dans ce genre d’œuvres, c'est que les personnages présentés ne regrettes jamais leurs actes ! Je n'ai jamais rencontré de récits de bourreau ayant des remords...
C'est un sujet qui doit très probablement être analysé en psychologie et en criminologie. Je devrais demander à Laure !

Pour en revenir au journal intime fictionnel, je trouve qu'il a souvent toute son utilité en littérature jeunesse. Les adolescents ont l'impression de jouer aux voyeurs et je pense que ça leur plait. En tout cas, à l'époque, ça me plaisait. Désormais, ayant davantage conscience de la manipulation d'accroche, je suis plus réticente, j'ai davantage de recul quant à l'objectivité des faits énoncés par le narrateur.

Un mélange de M'dame Ruwet et de Julie l'étudiante !

vendredi 3 mai 2013

Abrégé : abrège mes souffrances.

J'ai un très très gros blocage psychologique concernant Dracula. C'est le dernier livre que j'ai à lire cette année et je ne parviens pas à m'y mettre. Cela fait une semaine qu'il est dans mon sac, puis sur ma table de nuit, mais pas moyen. Je n'arrive pas à commencer ce roman. Peut-être est-ce parce que c'est celui qui va clore cette deuxième année aux Rivageois et que je ne veux pas qu'elle se termine? Peut-être est-ce parce que je n'aime absolument pas les histoires de vampires? Peut-être parce que j'ai une aversion pour les romans fantastiques ? Peut-être est-ce la couverture qui ne m'attire pas ?

Peut-être est-ce le résumé apéritif qui ne me donne pas envie ?
" Jonathan Harker, jeune clerc de notaire britannique, est envoyé par son étude dans un sinistre château de Transylvanie afin d'y négocier avec un certain comte Dracula l'achat d'une propriété en Angleterre. Il ne tarde pas à découvrir l'effroyable secret de son hôte : cette créature est un mort-vivant, un vampire qui repose dans un cercueil dont il sort la nuit pour étancher sa soif de sang - et le jeune homme est son prisonnier. Le comte Dracula part pour l'Angleterre où il choisit pour première victime Lucy, amie de la fiancée de Jonathan, avant de s'attaquer à la fiancée elle-même... Un roman gothique au procédé narratif novateur : lettres, extraits du journal de Jonathan, articles de presse, et même transcription d'enregistrements phonographiques ! La chasse au vampire est ouverte..."

Quoi qu'il en soit, le résultat est là : je n'ai pas envie !

Suite au prochain épisode...

Sobibor, c'est une vieille histoire d'amour !

Sobibor... Je vous en avais déjà parlé...Souvenez-vous !
Voici ce que j'avais écrit à l'époque :



J. MOLLA, Sobibor, Gallimard, « La bibliothèque », Paris, 2006.
1. Résumé apéritif :
Quand Emma se sent triste, elle mange tout et n’importe quoi et se précipite pour tout vomir dans les toilettes. Pour quelles raisons ? Le détachement de ses parents, le silence, les secrets de famille habilement entretenus ? Emma voudrait comprendre.
 Après la disparition de sa grand-mère, Mamouchka, Emma découvre au fond d’une armoire, un vieux cahier, « Le journal de Jacques Desroches », qui fera surgir du passé d'effroyables secrets qui vont bouleverser la vie d’Emma, en la confrontant de plein fouet à l'horreur de la Shoah…

2. Avis.
S’il y a un roman que je retiens de toutes mes années secondaires, c’est bien celui-là. Il étonne, il choque parfois, mais il est lourd de sens.
Les livres sur les camps sont parfois très lourds, loin du vécu des lecteurs, et donc plutôt lourds à lire. La façon dont Molla l’aborde ici est bien différente. Il a choisi de présenter toute la partie historique sous forme de journal intime. Cela permet à l’auteur d’intégrer des sentiments, des émotions par rapport à une réalité historique plus théorique et abrupte, et au lecteur de traiter ce sujet de façon inhabituelle, bien loin des bancs du cours d’histoire.
De plus, l’auteur met également l’accent sur l’impact que des évènements historiques peuvent avoir sur la vie de famille, les secrets et les mensonges qu’ils entrainent. Et c’est précisément ce qui m’a plu, j’ai des grands-parents qui ont vécu la guerre, qui m’en ont beaucoup parlé et donc cette partie du récit, en plus de m’avoir agréablement étonnée par sa forme, m’a touchée intiment par le fond.
Ensuite, l’histoire de cette jeune adolescente en pleine crise, qui se mêle à l’Histoire, est particulièrement émouvante. On se sent complice d’Emma, on connait la vérité, sa vérité, celle que ses parents ignorent. Cette complicité donne le sentiment de vouloir poursuivre le récit pour voir comment la jeune fille va s’en sortir. D’autant plus que, ce récit de vie est interrompu par le récit historique, ce qui met le lecteur dans une position d’attente.

Enfin, il est vrai que de la plupart des romans de la littérature de jeunesse que j’avais lus dans le secondaire tendent à faire rire, ou à émerveiller. Ici, on est au contraire confronté à la réalité du monde de l’adolescent. Le but du roman est de faire passer un message, de donner une leçon de vie authentique sur la réalité du monde. D’une part sur le devoir de mémoire de la Shoah, et d’autre part sur les ravages de la maladie, ici de l’anorexie, pour comprendre que des jeunes comme tout le monde s’aventurent parfois dans un mécanisme dangereux mettant en péril leur vie pour le seul prétexte qu’ils se sentent physiquement différents.
En conclusion, l’auteur essaie de nous faire comprendre qu’il  ne faut jamais oublier le passé afin de comprendre le fil de notre existence, qu’il faut savoir faire la part des choses entre les sentiments personnels et les actes de barbarie qui ont été exécutés par des personnes que l’on n’aurait jamais pu soupçonner.
Ce récit essaie donc d’aider le lecteur adolescent à mûrir et à comprendre la société dans laquelle il vit…  
Julie Ruwet, 1FMO

vendredi 26 avril 2013

Pas contente !!!!!!

Ne croyez pas que ce blog devient un blog sur Brigitte Smadja, mais je dois en parler, parce que je suis très déçue !
Elle nous a promis de nous donner son avis, par mail, sur la suite que l'on a écrite avec Sarah et Océane... mais RIEN !
J'ai cru en ce bout de femme et sa sincérité, et rien...

Alors, ne me laissant pas abattre, n'ayant rien à perdre, j'ai décidé de lui envoyer un mail !
(Qui ne tente rien, n'ai rien, non ?! )

Voici le mail que je lui ai envoyé :

Madame Brigitte Smadja,
Vous ayant accueillie au sein de notre école « Haute Ecole Charlemagne, Les Rivageois » ce mardi 5 mars 2013, je me permets de vous contacter afin de connaître votre avis sur la suite que l’on a écrite pour le personnage de Marie.
Si vous n’avez plus ce document, il est en pièce jointe.
En espérant avoir de vos nouvelles très vite,
Bien à vous
Julie Ruwet

Je vous tiens au courant si j'ai une réponse... 

mardi 5 mars 2013

Deuxième rencontre avec Smadja, au sein de l'école.

Une fois encore, mais quel personnage ! Toutes ses facettes sont intéressantes. L'auteur qui s'inspire de sa vie, mais aussi de ses élèves (Riad-Abdelkrim). L'éditrice, tout comme la prof, qui a un soucis de perfection, de réflexion et de complexité. Ces facettes nous les avons toutes découvertes au fil de cette rencontre.
Smadja nous a conforté dans notre choix de métier, elle nous a ouvert des portes quant à des méthodes de travail avec nos propres élèves mais elle nous a également donné des références théâtrales pertinentes. Ce n'est pas une auteure qui se contente de recevoir, elle donne, elle donne même beaucoup. En remarques, en questions, en attentions, et même en cadeaux.
J'espère avoir un retour par mail sur notre travail, l'inverse me décevrait, mais m'étonnerait beaucoup !

Ensuite, elle a répondu aux deux grandes questions que je me posais :
- Les pièces de sa collection ont clairement une portée réflexive :elles sont choisies justement parce qu'elles donnent à réfléchir, parce qu'elles sont complexes à la fois sur le fond et sur la forme. Cela me rassure quant au fait que je ne parvenais pas à déchiffrer le sens profond de "Plus d'école".

- Elle ne fait pas exprès d'écrire des cycles, elle se contente de laisser des portes ouvertes à l'écriture probable d'une suite. Elle ne connait pas d'avance le destin de ses personnages. Voilà qui me conforte dans l'idée que ce cycle n'était pas un cycle comme un autre, raison pour laquelle je l'ai apprécié.


Enfin, elle a parlé de quelque chose de très important à mes yeux : le cancre héros et l'intello bouffon.
Les modèles des jeunes ont changé : Tony Montana, Booba, Balotteli... comme dirait Smadja, ces modèles représentent l'argent facile. Ce même argent facile qui est responsable du décrochage scolaire (sujet même de mon exposé en psychologie du développement!). Alors que faire ? Je n'ai pas la réponse aujourd'hui, Smadja après plus de 20 ans d'enseignement ne l'a pas non plus. Or, c'est une question  majeure que de garder une place active à ses élèves au sein de nos classes. Tel est le défi de l'enseignement au XXIe siècle.

Merci encore à Smadja et à Mme Centi pour la mise en place de cette rencontre !
Sans oublier de féliciter la mise en scène terrible de FLE !!! (Maurane, Soukaina, Linda, Océane, Antoine, Charlotte, Céline et d'autres dont je ne connais pas les prénoms, c'était terrible !!!!)



Première rencontre avec Smadja, mais aussi avec des primo-arrivants.

Le théâtre dans les mains des jeunes est un sujet qui m'intéresse, me préoccupe et c'est pourquoi, j'ai sauté sur l'occasion pour aller voir la lecture de la pièce de Smadja à La Parenthèse ce lundi 4 mars 2013. Un peu par hasard au début, puis plus la journée avançait, plus je sentais que j'allais apprécier. J'ai fait plus que ça, j'ai été bluffée.

Smadja, d'abord. Elle est ce personnage charismatique et sympathique qui donne un sens à une carrière. Directrice de collection, elle choisit des auteurs qui ont quelque chose de vrai à dire, à transmettre aux enfants. Ces enfants pourront puiser dans ces œuvres afin d'en extraire ce dont ils ont besoin pour se construire. C'est son leitmotiv.
Ce fut le cas dans la mise en lecture par les élèves, primo-arrivants, de Las Chicas. Ils ont lu des extraits de l'unique œuvre théâtrale de Smadja, "Bleu, blanc, gris"http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=1279162152119735722#editor/target=post;postID=6284999366018049096, dans laquelle elle raconte son exil de la Tunisie à la France. Parallèlement à ça, ils ont lu des textes nés de leur propre plume, dans lesquels ils parlent de leur expérience de l'exil. Qu'importe les problèmes de micro, le plus important était là, le crucial, l'essentiel qu'ils avaient à nous communiquer était là, à portée de notre écoute, mais aussi à celle de Smadja. Elle opinait du chef en entendant les témoignages de ces jeunes immigrés, elle revivait sa propre expérience. La boucle était bouclée.

Ensuite, cette rencontre a permis la découverte d'autres cultures, la multiculturalité ! Autour de tortillas, de tiramisu et d'autres mets délicieux dont je ne connais le nom, j'ai eu la chance de pouvoir discuter avec des primo-arrivants, notamment Oussamma et sa soeur. J'ai été bluffée. Ils sont ici depuis moins d'un an, parlent déjà très bien, très distinctement le français, mais j'ai appris qu'en plus de leur langue maternelle, l'espagnol, ils parlaient très bien l'arabe et avaient des notions d'anglais. Quelle gifle pour moi, Belge, Wallonne, qui ne parle même pas la deuxième langue de mon propre pays !

L'interculturalité comme on l'a vécue à La Parenthèse est un moment unique et émouvant. C'est également une belle preuve que la diversité culturelle de notre pays est une grande richesse.

Ce début de soirée m'a clairement donné envie de donner cours en FLE, à des primo-arrivants, voire même à l'étranger. Quelle richesse, quel échange et quel partage !

Et pour les photos, c'est par ici !

dimanche 3 mars 2013

Smadja, toujours toi !


Je n'ai pas choisi la pièce de théâtre de Smadja parmi les livres proposés pour préparer notre rencontre, c'est un des raisons qui m'a décidée à aller voir cette "mise en lecture" à la Parenthèse.
Je suis très curieuse d'aller voir cette pièce.
En effet, j'ai lu une pièce de la même collection, dirigée par Smadja : Plus d'école. Je n'ai absolument rien compris. La pièce a clairement une portée philosophique, réflexive que j'ai eu du mal à saisir. D'après les discussions en classe, je ne suis pas la seule à me poser des questions. Il faut dire, je m'attendais à du boulevard pour enfants, ma surprise fut d'autant plus grande !
C'est pourquoi je pense qu'aller voir une pièce dans la même veine, jouée par des acteurs, des enfants, donnera , je l'espère, plus de sens à ma lecture.