Lorsque Mme Centi a présenté les livres pour le travail à réaliser sur le genre, j'avais l'intention de réaliser mon TFE sur le lien entre science-fiction et philosophie. "Dans quelle mesure est-il utile d'utiliser les textes de science-fiction pour susciter la réflexion en morale?" était la question que j'avais en tête à l'époque. Dès lors, la présentation de ce roman était une bénédiction, c'est pourquoi je l'ai choisi.
Après la lecture, je fus désenchantée. Mon sujet de TFE ne s'adressait pas au secondaire inférieur, ou qu'à une bonne 3ième générale. Je trouvais ça trop restreint, trop contraignant. C'est pourquoi j'ai préféré oublier ce sujet, pour l'instant.
Revenons-en à Genesis.
Beckett invente notre futur. Des attentats, des changements climatiques, des conflits, la République de Platon et des épidémies. Le futur qu'il nous invente est le passé d'Anax. Les seuls protégés sont les humains isolés sur l'île d'Aoteraoa, que je croyais inventée, mais qui s'avère être la Nouvelle-Zélande. La Grande Barrière Martime les ont protégés et ils continuent d'empêcher tous les autres survivants d'accoster sur leurs côtes. Ils ont créé une société nouvelle, ordonnée et stable. Pour cela, la population est divisée en quatre classes, selon les génomes de chacun : Ouvriers, Soldats, Techniciens et Philosophes. Les enfants sont séparés de leurs parents, éduqués puis soumis à des tests pour être affectés à une classe ou éliminés. Le décor science-fictionnel est planté.
Une telle société, dans le futur, est-elle possible ? Au delà des orangs-outangs, est-il possible qu'un jour nous n'ayons plus notre Liberté de penser et de nous exprimer ? Est-il possible que nous rentrions dans ce genre d'oligarchie où la différence est éliminée parce qu'elle fait peur et qu'elle n'est pas contrôlable ? Est-ce le conformisme qui nous pousse vers ce genre de société ? N'a-t-on pas déjà un pied dedans?
Les réflexions sont nombreuses et remettent évidemment en cause notre propre société. Court-on à notre perte ?
Comme tous nos cours s'imbriquent si bien, je reprends une citation, hors contexte, d'un auteur abordé avec M. Furnelle.
« Les gens s'aperçoivent que l'objectif central de la vie humaine ne
peut pas être de changer de voiture tous les trois ans plutôt que tous
les six. Mais ils ne peuvent pas, jusqu'ici, trouver en eux-mêmes la
ressource pour aller au-delà (...). Il ne s'agit pas seulement de créer
une nouvelle conception politique, il s'agit de mettre en cause tout un
mode de vie et d'en concevoir un autre, puisque dans la société de
consommation règnent des partis bureaucratiques, pouvoir de l'argent et
des médias, superficialisation de la culture sont intimement liés et
solidaires.»
« Mettre en cause un mode de vie, CASTORIADIS », Le Monde, 28 décembre 1997
En nous proposant un mode de vie anti-utopique, Beckett nous propulse dans une question fondamentale : Notre système est-il bon? Ne nous fera-t-il pas aboutir dans un système aussi discriminatoire et sectaire que celui de Genesis ? N'est-il pas, dés lors, nécessaire de réfléchir à un nouveau système qui ne nous pousserait pas dans les dangers de Genesis ?
Cette dialectique est avant tout entre Anax et les examinateurs, mais elle est aussi entre notre conscience et nos problèmes sociétaux, avec lesquels on s'explique trop peu.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire