Voici ce que j'avais écrit à l'époque :
J. MOLLA, Sobibor,
Gallimard, « La bibliothèque », Paris, 2006.
1. Résumé apéritif :
Quand Emma se sent triste, elle
mange tout et n’importe quoi et se précipite pour tout vomir dans les toilettes.
Pour quelles raisons ? Le détachement de ses parents, le silence, les
secrets de famille habilement entretenus ? Emma voudrait comprendre.
Après la disparition de sa grand-mère,
Mamouchka, Emma découvre au fond d’une armoire, un vieux cahier, « Le
journal de Jacques Desroches », qui fera surgir du passé d'effroyables
secrets qui vont bouleverser la vie d’Emma, en la confrontant de plein fouet à
l'horreur de la Shoah…
2. Avis.
S’il y a un roman que je retiens de
toutes mes années secondaires, c’est bien celui-là. Il étonne, il choque
parfois, mais il est lourd de sens.
Les livres sur les camps sont
parfois très lourds, loin du vécu des lecteurs, et donc plutôt lourds à lire.
La façon dont Molla l’aborde ici est bien différente. Il a choisi de présenter
toute la partie historique sous forme de journal intime. Cela permet à l’auteur
d’intégrer des sentiments, des émotions par rapport à une réalité historique
plus théorique et abrupte, et au lecteur de traiter ce sujet de façon
inhabituelle, bien loin des bancs du cours d’histoire.
De plus, l’auteur met également
l’accent sur l’impact que des évènements historiques peuvent avoir sur la vie
de famille, les secrets et les mensonges qu’ils entrainent. Et c’est
précisément ce qui m’a plu, j’ai des grands-parents qui ont vécu la guerre, qui
m’en ont beaucoup parlé et donc cette partie du récit, en plus de m’avoir
agréablement étonnée par sa forme, m’a touchée intiment par le fond.
Ensuite, l’histoire de cette jeune
adolescente en pleine crise, qui se mêle à l’Histoire, est particulièrement émouvante.
On se sent complice d’Emma, on connait la vérité, sa vérité, celle que ses
parents ignorent. Cette complicité donne le sentiment de vouloir poursuivre le
récit pour voir comment la jeune fille va s’en sortir. D’autant plus que, ce
récit de vie est interrompu par le récit historique, ce qui met le lecteur dans
une position d’attente.
Enfin, il est vrai que de la
plupart des romans de la littérature de jeunesse que j’avais lus dans le
secondaire tendent à faire rire, ou à émerveiller. Ici, on est au contraire
confronté à la réalité du monde de l’adolescent. Le but du roman est de faire
passer un message, de donner une leçon de vie authentique sur la réalité du
monde. D’une part sur le devoir de mémoire de la Shoah, et d’autre part sur les
ravages de la maladie, ici de l’anorexie, pour comprendre que des jeunes comme
tout le monde s’aventurent parfois dans un mécanisme dangereux mettant en péril
leur vie pour le seul prétexte qu’ils se sentent physiquement différents.
En conclusion, l’auteur essaie de
nous faire comprendre qu’il ne faut
jamais oublier le passé afin de comprendre le fil de notre existence, qu’il
faut savoir faire la part des choses entre les sentiments personnels et les
actes de barbarie qui ont été exécutés par des personnes que l’on n’aurait
jamais pu soupçonner.
Ce récit essaie donc d’aider le
lecteur adolescent à mûrir et à comprendre la société dans laquelle il vit…
Julie Ruwet, 1FMO
2 commentaires:
C'était celui que tu avais choisi en première?
Ton avis a-t-il changé, ne serait-ce qu'un peu?
Je n'aime pas le fait de relire une même histoire. Je sais ce qu'il va se passer, je connais la fin...voilà, donc ma lecture (la 3ième) n'a pas été agréable. Mon avis personnel n'a pas réellement changé. Cependant, c'est davantage avec des yeux de prof et d'étudiante, qui, en plus, finit d'étudier une séquence sur les récits de vie, que j'ai effectué cette lecture...
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