samedi 29 décembre 2012

Ne pas oublier.

Mission accomplie : finir La Part de l'Autre en 2012. Mission accomplie avec plaisir à partir de la page 350... ça il faut le faire, commencer à apprécier un livre à partir de son dernier tiers. Un fin magistrale, douloureuse mais tellement réaliste.
Un enfant est emmené par ses parents au cinéma.
Comme d’habitude, il s’attend à voir des animaux qui parlent, des fleurs qui chantent ou bien une danse d’hippopotames avec autruches. Mais on ne lui offre pas son dessin animé annuel depuis 10 ans : au lieu de cela, l’écran lui envoie des images en noir et blanc, de sales images tremblées avec un mauvais son, encore plus mauvaises que les films familiaux de vacances. Il ne comprend pas. Un homme à moustache et au regard fixe crie dans la même langue que sa grand-mère alsacienne, oui la même, à cette différence que c’est beaucoup moins doux et plus autoritaire, ça donne envie de se lever pour obéir. Il ne comprend toujours pas. Puis des images de rafles, d’incendies, de trains où l’on entasse des hommes comme des bestiaux. L’enfant comprend encore moins. Enfin, après les bombes que crottent les avions en l’air, des explosions toujours plus fortes, un feu d’artifice, jusqu’au plus beau, le somptueux champignon de fumée nucléaire. L’enfant a peur, il se laisse couler dans son siège pour ne pour voir l’écran. Mais les images déferlent encore, les camps de barbelés, les vivants squelettiques aux yeux noirs, les chambres à gaz, puis les corps nus, entassés, à la fois raides et mous, que des pelleteuses mettent dans la terre ou l’inverse, l’enfant ne sait plus, il suffoque, il veut partir, il ne veut plus savoir si c’est le monde réel, il ne veut pas grandir, il veut mourir.
Au dehors, il est surpris que le soleil brille encore, que les passants passent et que les filles sourient. Comment peuvent-ils ?
Les yeux rougis, ses parents lui expliquent avec douceur qu’il savaient que ce film serait dur à supporter mais qu’ils tenaient à ce que l’enfant le voie.
- Ca c’est réellement passé. C’est notre histoire politique.
« Alors, c’est donc ça la politque, pensa l’enfant, le pouvoir qu’ont les hommes de se faire autant de mal ? »
- Mais cet Hitler, il était fou, n’est-ce pas ?
- Non. Pas plus que toi ou moi…
- Et les allemands, derrière, ils n’étaient pas fous non plus ?
- Des hommes comme toi et moi.
Bonne nouvelle ! C’est donc une rude saloperie d’être un homme.
- Qu’est-ce qu’un homme ? reprit le père. Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.
Depuis ce jour, les nuits de l’enfant sont difficiles, et ses journées encore plus. Il veut comprendre. Comprendre que le monstre n’est pas un être différent de lui, hors de l’humanité, mais un être comme lui qui prend des décisions différentes. Depuis ce jour, l’enfant a peur de lui-même, il sait qu’il cohabite avec une bête violente et sanguinaire, il souhaire la tenir toute sa vie dans sa cage.
L’enfant c’était l’auteur du livre.
Je ne suis pas juif, je ne suis pas allemand, je ne suis pas japonais et je suis né plus tard : mais Auschwitz, la destruction de Berlin et le feu d’Hiroshima font désormais partie de ma vie.
Extrait de La Part de l'Autre, SCHMITT, Albin Michel, Livre de poche, 2001
Parce que je pense qu'il y a des choses qui doivent être dites, transmises et que l'éducation a son rôle à jouer. Les parents ? L'école ? Peu importe, mais cela doit être fait. 

jeudi 20 décembre 2012

Premier bilan et retour réflexif.

http://cricri913.skyrock.com/2889118917-RESULTAT-SCOLAIRE-DE-MES-ENFANTS.html

Mes réactions aux commentaires : 


Mon truc à moi c'était de lire, toujours plus et toujours plus vite pour pouvoir écrire. N'est-ce pas le but ultime de ce blog ? Donner l'envie de lire et d'écrire ?
Le pari était réussi me concernant et les feed-backs nous disent que non. Frustration. Je suis moi-même, c'est-à-dire étudiante, jeune. Dois-je prendre la casquette de prof ? De professionnelle ? Je n'en suis pas encore une. Pourquoi faire semblant ? Pour les points ? Ce n'est tout de même pas ce que l'on nous apprend, si ?
Et bien, oui, je réagis toujours comme une élève et pas encore comme une prof. Est-ce là dessus que l'on me juge ? Que l'on me note ?  Ce blog n'est pas là pour remplacer un cours de littérature de jeunesse, mais pour tester un projet que l'on soumettra - ou non - à nos élèves plus tard. Ce projet, je le pensais réussi, je pensais avoir gagné le pari, avoir trouvé une réelle carotte, une réelle motivation, un vrai plaisir malgré cette masse de travail que demandent les Rivageois. L’investissent est grand, quotidien et sincère.
Or, je suis toujours étudiante, je ne suis pas encore prof. J'aimerais que nos profs ne l'oublient pas. Passer d'une casquette à l'autre, ça rend schizophrène comme je le disais déjà en début d'année dans la description de mon blog. On ne peut penser comme plusieurs personnes à la fois, en tout cas, c'est ce que je pensais avant. Peut-être est-ce possible ? Testons ! 

Mes bonnes résolutions : 

http://www.so-ladies.com/rentree-rime-avec-bonnes-resolutions/

- Je ferai désormais 2 parties à mes articles : l'une écrite par Julie, l'élève et l'autre par Madame Ruwet, la prof. Cela me permettra de pouvoir écrire comme j'aime le faire avec passion en prenant une casquette et d'être plus posée, fine et construite en prenant une autre casquette.

- Les commentaires et l'évaluation étant davantage commentés sur les versions papiers, je rendrai une version papier du blog afin d'avoir des remarques plus précises mais continuer à avoir des interactions avec mes camarades concernant mes articles. 

- Je vais essayer, si le temps me le permet, de relire un Mourlevat. Un de mon choix, sur un sujet qui me plait, peut-être cela changera-t-il la donne ?

Cependant, ma première mission est de finir La Part de l'Autre en 2012 ! 

dimanche 9 décembre 2012

J'aimerais bien, je voudrais bien...mais je ne peux point !

Ma liste au Père Noël, ma liste "To buy", ma liste "To read", mes envies, mes futures lectures.... 

-          DICKER, La vérité sur l'affaire Harry Quebert.
Il s’agit du prix de l’académie française 2012. J’ai craqué lorsque j’ai entendu l’écrivain sur le plateau d’ONPC (On n’est pas couché, pour les non-initiés). Faut dire qu’il a du charme pour vendre son livre le gaillard !  Une véritable réflexion sur l’Amérique, la justice et les médias, parait-il. J’espère le confirmer bientôt ! (Ce qui arrivera rapidement, je l'offre à mon père pour pouvoir le lire, mais je l'écris en tout petit au cas où il passerait par ici...)

-          DAWCKINS, Pour en finir avec Dieu.
Je dois cette envie de lecture à Mme Grailet, je dois bien l’avouer. Elle nous a montré le livre en classe, j’ai lu la 4ième de couverture, et là, je ne peux que dire : « Il me le faut ! ». Et vous allez comprendre pourquoi : « Imaginez, avec John Lennon, un monde sans religion...
Pas de bombes suicides, pas de 11 Septembre, pas de Croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres, pas de partition de l'Inde, pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de massacres de musulmans serbo-croates, pas de persécution de juifs, pas de " troubles " en Irlande du Nord, pas de " crimes d'honneur ", pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l’œil.
Imaginez, pas de talibans pour dynamiter les statues anciennes, pas de décapitations publiques des blasphémateurs, pas de femmes flagellées pour avoir montré une infime parcelle de peau... » R. D.
Cela ne vous fait-il pas rêver vous ? 

-          VAN REYBROUCK, Congo : Une Histoire.
Le roman est sorti récemment, je l’ai aperçu à la caisse de chez Agora, et la première de couverture m’a frappée, je n’ai lu ni résumé, ni critique, mais je pense souvent à l’acheter et à le lire. Comme quoi, si peu de choses, une simple image peut vous marquer au point de vous donner envie de lire, et d’en savoir plus.

-          HARPMAN, Ce que Dominique n’a pas su.
Lorsqu’un écrivain meurt, on reparle de lui et on fait bien ! J’avais déjà lu La Plage d’Ostende que j’avais littéralement adoré. C’est une des plus belles histoires d’amour que j’ai lue jusqu’à présent. La médiatisation de sa mort m’a permis de replonger dans son écriture en lisant Moi qui n’ai pas connu les hommes, roman extrêmement oppressant et poignant. J’avais également noté ce titre que je suis impatiente de découvrir. 

-          ZAFON, L’Ombre du vent.
Sarah, ses articles, cet extrait : « Il y a des rustres qui s'imaginent que s'ils mettent la main au cul d'une femme et qu'elle ne proteste pas, l'affaire est dans le sac. Ce sont des ignares. Le cœur de la femme est un labyrinthe de subtilités qui défie l'esprit grossier du mâle à l'affût. Si vous voulez vraiment posséder une femme, il faut d'abord penser comme elle, et la première chose est de conquérir son âme. Le reste, le réduit douillet et chaud qui vous fait perdre les sens et la vertu, vous est donné de surcroît. » Et là, je n’ai qu’une seule et unique chose à dire : c’est MA came ! C’est bien écrit, c’est subtil, précis, ça pique au bon endroit. Je dis WAW. 

-          CLEAVE, L’Employé modèle.
Encore Sarah ! Je vous laisse lire son article pour comprendre  :A découvrir ici
Soyons sérieuses, ça donne vraiment envie !! On sait que Sarah est une très bonne vendeuse, on a tous pu le constater lors de la venue de la représentante de L’Ecole des Loisirs, mais elle continue sur son blog, sur Facebook, en classe tout le temps ! Une vraie âme (je HAIS ce mot) de critique littéraire, de chroniqueuse littéraire. 

Cela me fait penser que les blogs me donnent envie de lire, tout particulièrement celui de Sarah, qui est le plus fourni, mais je trouve tellement dommage de ne pas pouvoir lire et surtout commenter les articles des personnes qui ont opté pour la version papier. De plus, s'ils parlent de livres que je ne connais pas, je n'aurais jamais l'occasion de les ajouter à ma liste... un vrai bémol du système des deux possibilités.