Dans le cadre des articles à rédiger sur Sobibor, j'aimerais m'arrêter sur ce genre qu'est le journal intime.
J'ai beaucoup apprécié son utilisation dans Sobibor parce que son utilisation est détournée. En effet, ce n'est pas l'héroïne qui nous livre son journal, mais son grand-père. C'est la façon qu'a choisi l'auteur pour raconter l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et des camps d'extermination. Elle permet donc de montrer de façon tout à fait directe le ressenti d'un personnage qui n'est néanmoins pas le personnage principal du roman. Cela permet également de ne pas complexifier davantage la trame narrative du roman tout en remontant les horloges jusque 1945.
Ce journal est présenté en alternance avec la narration "traditionnelle" d'Emma. Cette alternance est très claire, les lecteurs, aussi jeunes soient-ils, ne peuvent pas hésiter quant à la partie du roman dans laquelle ils se trouvent.
Ces deux narrations parallèles est un réel travail d'écriture pour Jean Molla car il utilise un vocabulaire tout à fait différent suivant qu'on se trouve dans la narration d'Emma ou dans celle de Jacques. Le vocabulaire de Jacques est, tout logiquement, plus soutenu.
Cette structura narrative permet également d'adopter le point de vue du bourreau. C'est un point de vue déjà utilisé en littérature générale, notamment par Robert Merle dans La mort est mon métier. Ce qui me frappe particulièrement dans ce genre d’œuvres, c'est que les personnages présentés ne regrettes jamais leurs actes ! Je n'ai jamais rencontré de récits de bourreau ayant des remords...
C'est un sujet qui doit très probablement être analysé en psychologie et en criminologie. Je devrais demander à Laure !
Pour en revenir au journal intime fictionnel, je trouve qu'il a souvent toute son utilité en littérature jeunesse. Les adolescents ont l'impression de jouer aux voyeurs et je pense que ça leur plait. En tout cas, à l'époque, ça me plaisait. Désormais, ayant davantage conscience de la manipulation d'accroche, je suis plus réticente, j'ai davantage de recul quant à l'objectivité des faits énoncés par le narrateur.
Un mélange de M'dame Ruwet et de Julie l'étudiante !
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