mardi 29 janvier 2013

Comment décrire la mort quand on est en vie ?

Je ne comptais pas faire d'article sur Semprun au départ. J'ai adoré cette lecture une fois que je m'y suis réellement plongée et je n'avais aucune envie de réfléchir et d'expliquer pourquoi.
Mais... j'ai lu l'article d'Océane  et je me suis dis, c'est pas possible, il faut que tu répondes ! Je m'étais alors lancée dans un commentaire qui devenait excessivement long et c'est pourquoi j'ai finalement décidé de faire un article.

Chère Océane, JE NE SUIS PAS D'ACCORD !!

L'écriture d'une vie, l'écriture d'une mort. Comment décrire la mort quand on est en vie ?
C'est de cette question dont il s'agit dans le roman de Semprun, L'écriture ou la vie.

Un roman d'une grande force et d'une grande puissance. En le lisant, j'avais l'impression d'écouter un vieux bonhomme qui parcourt ses souvenirs, par associations d'idées, comme le ferait un psychanalysé sur un sofa qui n'arrive pas à dire ce qui est au-delà du dicible.

Certes, ce sont des souvenirs décousus, mal organisés, mais n'est-ce pas notre vie ? Notre vie ne résume-t-elle pas à de grands moments, à des souvenirs marquants ? Notre vie est-elle linéraire, organisée, toujours d'un intérêt égal ? Personnellement, j'en doute et c'est pourquoi je pense que justement l'écriture de Semprun reflète cette vie, la vraie. Bien loin de celle imaginée dans les romans. Une vraie vie, pour une autobiographie psychanalytique véritable.

Ensuite, qui est Bakouine ? Qui est Halbwachs ? Voilà des choses intéressantes. Bakouine, je le savais, mais Halbwachs j'ai cherché et j'ai donc appris.

Pour Bakouine, il est pas connu alors qu'il a été un philosophe et un politique assez influent, il est contemporain à Marx. Il a dit quelque chose que je trouve très intéressant et que je copie-colle : "Dieu est, donc l'homme est esclave. L'homme est libre, donc il n'y a point de Dieu. Je défie qui que ce soit de sortir de ce cercle, et maintenant, choisissons".
Je dois t'avouer Océane que j'adhère assez bien à sa philosophie, et je pense que toi aussi, sans le savoir. En effet, c'est un philosophe qui défendait l'idée que Dieu a été crée par la religion et par l'homme et qu'il sert de réponse à la peur des phénomènes inexplicables. Il dit aussi que Dieu est un moyen pour les dominants d'exploiter les dominés. Une fois de plus, je suis mille fois d'accord !
Par contre, son parapluie, je ne le connais pas !

Halbawchs, quant à lui,  est un sociologue proche de Durkeim qui a conceptualisé la mémoire collective.

J'espère que je t'ai fait un tout petit peu changer d'avis, et que tu pourras lire ces maudites 10 dernières pages ?  Et puis après....



lundi 28 janvier 2013

L'imbécile heureux !

            Ayant une grande masse de livres à lire pour le deuxième quadrimestre, je ne savais pas où commencer ce  travail. Une soirée de déprime, sous les conseils de notre brillantissime et avisée conseillère de lecture je nomme Sarah Michel, je commence et je termine Des Fleurs pour Algernon. Je ne peux qu’applaudir cet auteur qui a réussi à travers un récit très simple à provoquer des réflexions extrêmement profondes sur l’intelligence, l’accessibilité au bonheur, l’amour et forcément le handicap mental.
Pourtant, c’était vraiment mal parti entre ce livre et moi, pour des raisons qui frôlent le ridicule, mais qui sont partagées par d’autres que moi, j’en suis certaine, il suffira de demander à Davina. Le livre est moche. Pas spécialement la couverture, mais les pages internes. J’ai acheté l’édition « J’ai lu », elle est vieillotte, les marges sont minuscules, il y est impossible d’y mettre des commentaires, l’encre est ancienne et grossière. Rien qui donne envie de lire.
Je passe finalement au-dessus de tout ça, et je commence ma lecture à voix haute car le début est un réel exercice de déchiffrage. Étonnamment, ça ne me rebute pas, j’ai envie de savoir ce qui se passe dans la tête de cet handicapé (Un peu comme dans « Simple » de M-A Murail). Et je suis prise dans l’histoire, j’ai plus envie de lâcher le livre malgré les heures qui s’enfoncent dans la nuit et mon esprit qui me dit « tu devrais aller dormir, tu le finiras demain ».
Charlie Gordon est un personnage double, complexe, à la limite de la schizophrénie quand l’ancien Charlie vient guetter le nouveau. Je pense que c’est en ça que son personnage, en plus d’être touchant, est extrêmement intéressant. Mais notre passé ne nous guette-t-il par en permanence ? Notre personnalité est-elle un tout indivisible ? me suis-je demandé lors de ma lecture.
De plus, le travail de l’auteur est minutieux, par l’orthographe, la syntaxe, la grammaire et le vocabulaire, il fait évoluer le personnage de débile à génie, pour le faire, par après, régresser. C’est une horrible torture qui lui inflige.
Régresser. Voilà un mot qui me fait peur, qui m’effraie, qui me terrorise. Et si un jour, j’étais atteinte Alzheimer ? Et si un jour je ne savais plus ce que je sais aujourd’hui ? Et si un jour, je me réveillais à côté de quelqu’un que je ne reconnais pas ? Je pense que c’est une des maladies, une des fins de vie qui me fait le plus peur. Comme si tout ce que j’ai durement acquis, à l’inverse de Charlie pour qui ça été un jeu d’enfant, s’envolait ? J’en ai des frissons, mais je sais ce que je ferais.  Je ne supporterais pas le vivre, alors j’y mettrais fin.
Je m’éloigne du sujet, revenons au roman. Je pense qu’il est une fabuleuse porte d’entrée à la science-fiction, qui, on le sait désormais, a rebuté une grande partie d’entre nous, un jour où l’autre par les mauvaises représentations qu’on en avait. Je tiens d’ailleurs à remercier Mme Jaminon entre autre, qui nous a permis d’évacuer tous nos préjugés grâce à la lecture des Lutteurs Immobiles.
Il s’agit ici de science-fiction d’anticipation, si je ne me trompe pas, et c’est celle que je préfère parce qu’elle est très réaliste. Je pense en effet que ce qui est arrivé à Charlie pourrait se produire dans un avenir proche, peut-être même plus proche que ce qu’on le croit.
En conclusion, une fois de plus un roman de science-fiction qui me plait par les réflexions qu’ils suscitent, sur lesquelles je reviendrai dans l’article suivant et qui j’espère plaira à mes élèves à qui je le donnerai sans hésiter ! (Explications au prochain épisode).
Julie, l’étudiante.

samedi 19 janvier 2013

Ce sont mes choix !

Dans la famille Smadja, j'aimerais :
- J’ai hâte de vieillir (parce que moi PAS !!)
- La vérité toute nue (parce que je l’ai jamais vue habillée et encore moins porter des gants !)
- Maxime fait de la politique (Moi aussi un jour !)
- Adieu Maxime (Parce que je veux savoir pourquoi il en fait plus !)

Dans la famille Théâtre, j'aimerais :
- DARLEY, Plus d’école. (Parce que c’est un beau dilemme et que ça ma fait penser au conflit israelo-palestinien)
- MONTHALUS, Le gardin de cailloux. (Pièce de théâtre sur le théâtre quoi de mieux pour aborder le théâtre en classe ?!)
- SMADJA, Bleu, blanc, gris (parce que c’est d’elle)
- PAPIN, Petites formes (parce que deux courtes pièces,ça veut dire pourquoi pas une des deux abordée en classe dans son entièreté ?) 
Dès que je suis en état de marcher, je vais chercher tout ça. Enfin, pas tout quand même ! 
En attendant, je vais me lancer dans Les Fleurs pour Algernon ! On m'en a dit du bien, du mal, je veux savoir ce qu'il en est ! 

Si je n'étais pas là....

Smadja, Océane, Proust, désolée, mais moi aussi...


Si j'étais une couleur, je serais le rouge. Le rouge de l’excitation, de la passion, de la gauche et du vin.
Si j'étais un vêtement, je serais un manteau. Un manteau qui protège.
Si j'étais une boisson, je serais un verre de vin.
Si j'étais un animal, je serais canari qui casse les oreilles !
Si j'étais un objet, je serais un oreiller, chaleureux et réconfortant.
Si j'étais une partie du corps, je serais une poitrine maternelle. (BEN OUI !)
Si j'étais un fruit, je serais un kiwi, acide à l’extérieur, doux et sucré à l’intérieur.
Si j'étais un souvenir, je serais un coucher de soleil à l’extrême sud de la Floride.
Si j'étais une heure de la journée, je serais 18h, l’heure de l’apéro !
Si j'étais un adjectif, je serais généreuse.
Si j'étais une lettre, je serais la lettre LXXXI de la marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont, notamment le passage où elle refuse le statut de femme condamnée à l’inaction et au silence.
Si j'étais une ville, je serais Montpellier, entre la mer, la ville et la campagne.
Si j'étais un service, ça serait écrire à la place des gens, faire la nègre.
Si j'étais un nom commun, je serais culture.
Si j'étais un personnage de dessin animé, je ne serais pas grand-chose, je ne regarde que Totally Spice les lendemains de sortie…
Si j'étais un âge, je serais 65 ans. L’expérience, la retraite, le temps libre. Vite vite !
Si j'étais un pays, je serais la France. Tellement riche de cultures si différentes.
Si j'étais une écriture, je serais illisible !
Si j'étais un siège, je serais le siège d’un avion long-courrier, l’idéal pour lire.
Si j'étais un livre, je serais un livre d’art, un « beau » livre comme on dit, qu’on laisse trainer sur la table du salon pour faire « genre » !
Si j'étais une faute d'orthographe, je serais les fautes d’inattention, parce que c’est une pratique personnelle courante !
Si j'étais une rubrique, je serais une rubrique critique littéraire.
Si j'étais une fleur, je serais un tournesol, toujours tourné vers le soleil, vers le bonheur.
Si j'étais un bijou, je serais une grosse bague sur une main manucurée.
Si j'étais un moyen de transport, je serais la voiture, parce que c’est la liberté. Ça le sera quand j’aurais le permis en tout cas.
Si j'étais une photo, je serais une photo en noir et blanc. Souvenirs et mélancolie.
Si j'étais un alcool, je serais un bon vin rouge (avec du fromage si possible !)
Si j'étais un artiste,  je les serais tous.
Si j'étais une maladie, je serais la bipolarité. Tellement pratique.
Si j'étais un film, je serais un mélange de « Requiem for a dream », « fight club », « Vicky Christina Barcelona », « Il faut pas prendre les enfants du bon dieu pour les canards sauvages », mais ça ferait mal aux yeux !
Si j'étais un sentiment, je serais l’amitié, la vraie, la rare.
Si j'étais un art, je serais la photographie, l’instantanéité.
Si j'étais une matière, je serais le cashmere, tout doux, tout chaud.
Si j'étais un geste, je serais un baiser.
Si j'étais un auteur, je serais inqualifiable.
Si j'étais un lieu, je serais la place des Vosges entre le Marais et Rivoli, entourée de si beaux bâtiments, ah, Paris !
Si j'étais une profession, je serais professeur. Français, morale ? Qu’importe !

dimanche 13 janvier 2013

Junk, c'est riche !

Madame Ruwet qui aborde ce roman en classe, elle va devoir prendre des pincettes et ça va pas être simple. Tout d'abord, il faut identifier le public. J'ai acheté ce livre en édition Folio, je ne pensais donc pas qu'il était directement destiné à la jeunesse. Je me suis renseignée et j'ai découvert qu'il était également édité chez Scripto pour des adolescents à partir de 14 ans. Oui, 14 ans, d'accord (petite déglutition), mais avec un encadrement important alors. L'ensemble du livre est relativement moralisateur, mais certains passages, notamment ceux dans lesquels il y a une adresse aux lecteurs et particulièrement le chapitre 14 écrit par Lily qui se termine par  "Et vous, votre tour ? C'est quand?". Je me dis quand même, l'élève ferme le livre après cette phrase et économise pour aller s'acheter un sachet magique... Prudence et encadrement sont dont primordiaux !

Une fois que l'on a décidé d'aborder le livre avec telle classe, qu'on les a préparés psychologiquement à prendre du recul, on peut parler de la forme du roman et sa polyphonie qui est particulièrement intéressante. Pour le premier chapitre, il s'agit d'un narrateur externe qui plante le décor, plutôt classique. Tous les chapitres suivants sont rédigés par des personnages, ces personnages s'adressent parfois à vous, parfois ils vous mentent, vous manipulent parce que nous lecteurs sommes là pour les juger (ce qui, personnelement, me dérange), seule cette focalisation interne permet cela et c'est très intéressant de le faire remarquer aux élèves.

Évidemment, le regard de future prof de morale a pris le dessus, avec un sujet pareil, comment s'en priver ?
Et là, ce livre est un bijoux d'extraits à faire lire aux élèves et occupera une grande place dans ma bibliothèque pour cette raison. C'est un livre moins connu que le célèbre "Herbe Bleue" et autres documentaires sur le sujet, c'est donc une chouette variante !
Il est aussi intéressant, si je le fais lire à mes élèves, de leur faire comprendre que la prise de drogue est étroitement liée au milieu dans lequel on vit. Vivre à Minely et plus à Bristol, ne plus voir régulièrement ses anciens compagnons sont des facteurs qui ont aidé Gemma à s'en sortir. Elle était une junk dans un certain contexte, dans certaines conditions socio-économiques, dans une certaine bande. Mais comment en serait-il dans d'autres conditions? Si un comportement apparait dans un contexte et pas dans un autre, c'est qu'un facteur de ce contexte pousse à ce type de comportement.
Je pense que c'est une réflexion très intéressante à avoir en morale, mais en français, on pourrait également l'aborder et réaliser des exercices d'écriture en changeant certains paramètres.

Ensuite, en morale toujours, la question des relations parents/adolescents prend ici tout son sens, et la lecture du roman permettrait d'avoir un angle de vue un peu différent de ceux pris habituellement.
Les parents d'aujourd'hui ont bien changé, il est vrai, mais peut-être est-ce ça le problème de Gemma. Elle aurait aimé avoir des parents forts, qui l'écoutent, la guident et la conseillent, or, ils ne l'ont pas crue quand elle leur a dit que Nico se faisait battre. Ils lui ont fait du chantage. Elle a trouvé ses parents puérils, simplement.

Je disais également dans l'article précédent que ce qui est frappant dans ces romans, c'est le refus des normes de la société. Il est judicieux de se poser la question du pourquoi. Quelle image les jeunes ont-ils de la société ? Crise, chômage, ennui, précarité. Cette image, n'aurait-elle pas une conséquence sur leurs comportements : délinquance, violence, alcoolisme, toxicomanie, prostitution ?
C'est un débat tout à fait pertinent qui peut avoir lieu en classe.

Enfin, évidemment, la question de la drogue en elle-même, de ses conséquences, de ses raisons, et les solutions.

Un roman à aborder en classe, en français, en morale, avec de l'encadrement, de la justesse et de la réflexion.
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Je rajouterai une dernière chose qui me tient à cœur en tant qu'étudiante, en tant que prof, en tant que moi, simplement. Il y a deux philosophies dans la vie selon moi.
Celle que j'adopte, existentialiste, sartrienne, je suis ce que je fais, j'ai toujours le choix, même quand je ne choisis pas je choisis, mes actes sont révélateurs de mon être.
Il y a également l'opposée, illustrée en quelques lignes dans Junk à la page 211, qui m'a fait réfléchir, qui m'a permis de me remettre en question, Moi et Mes grands principes : "On peut faire des choses pas bien et savoir qu'elles sont pas bien, on peut faire des choses bien et savoir qu'elles sont bien, mais ça n'a rien à voir avec ce qu'on est réellement. On reste soi-même."
Cette philosophie de vie est bien moins culpabilisante que celle que j'ai choisi d'adopter, plus simple à vivre aussi, mais tellement peu encline à la réflexion sur soi-même... (Tout est question de choix...)
Madame Ruwet, La prof.

« Quand les riches se droguent c’est pittoresque. Quand les pauvres se droguent c’est un fléau social. » Paul Shrader

VERDICT : J'ai adoré !!!

Je pense que je pourrais comparer Junk à la plupart des romans et des films que j'ai cités dans l'article que j'ai écrit avant ma lecture, mais le seul que j'ai vraiment eu en tête tout au long de ma lecture, c'est l'adaptation du film Transpotting au théâtre "Le Proscenium".



Une scène recouverte de matelas, à la façon d'un squat, une DJ en chemisier transparent qui a dansé et mixé tout le long de la pièce, 4 amis qui se droguent, qui veulent arrêter, qui recommencent, la fille tombe enceinte...
J'ai revu toute la pièce en filigrane dans le livre, mais pour une fois, ça ne m'a pas déplu, je pense même que ça m'a mise davantage dans cette ambiance.

Un exemple m'a quand même vraiment frappée, et il est commun à de nombreux romans sur la drogue, c'est ce refus d'une vie banale, sur des rails (sans mauvais jeu de mots), préétablie.



Transpotting
 Junk
Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une famille, choisir une putain de télé à la con, choisir des machines à laver, des bagnoles, des platines laser, des ouvres boites électroniques.
Choisir la santé, un faible taux de cholestérol et une bonne mutuelle, choisir les prêts à taux fixes, choisir son petit pavillon, choisir ses amis.
Choisir son survet’ et le sac qui va avec, choisir son canapé avec les deux fauteuils, le tout à crédit avec un choix de tissu de merde, choisir de bricoler le dimanche matin en s’interrogeant sur le sens de sa vie choisir de s’affaler sur ce putain de canapé et se lobotomiser au jeux télé en se bourrant de McDo.
Choisir de pourrir à l’hospice et de finir en se pissant dessus dans la misère en réalisant qu’on fait honte aux enfants niqués de la tête qu’on a pondu pour qu’ils prennent le relais.
Choisir son avenir, choisir la vie.
Pourquoi je ferais une chose pareille ? J’ai choisi de pas choisir la vie, j’ai choisi autre chose. Les raisons ?
Y’a pas de raison. On n’a pas besoin de raison quand on a l’héroïne.
Il faut aller à l’école, réussir ses examens, faire des études supérieures, décrocher un boulot, se marier, ne pas rater le coche et surtout ne pas traîner, sinon, on fout sa vie en l’air. 
(Page 208)


Tous les clichés sur la drogue sont présents, parfois, un peu trop peut-être à mon goût... La drogue douce qui mène à la drogue dure, certes oui, mais dans des conditions bien particulières. La drogue qui mène à la prostitution, certes oui, mais dans des conditions bien particulières. L'alcool qui mène à la violence, certes oui... vous connaissez le refrain... Comme vous l'aurez compris, j'aurais apprécié plus de nuances, une plus grande insistance sur toutes les raisons qui font qu'on passe à l'acte.

Le vrai plus pour moi, c'est clairement la polyphonie du roman qui permet de varier les points de vue de façon considérable, d'identifier les mensonges, les tromperies, c'était vraiment judicieux et très bien construit, surtout sur la fin. Mon petit doigt me dit que Madame Ruwet en parlera dans son prochain article.
Pour ce qui est des personnages, ils sont nombreux et tous différents, mais je me suis particulièrement attachée à Gemma. Je l'aurais secouée bien des fois, je lui en veux d'avoir entraîner Nico sur la mauvaise pente, mais je suis persuadée que même si elle n'avait pas été là, Nico se serait retrouvé dans ce milieu de la drogue. Quand on est à la rue, il est très difficile d'y échapper. J'ai admiré son courage de fuguer une deuxième fois et cette fois pour les bonnes raisons, avec des vraies résolutions, la tête haute et en sauvant ses amis par son appel à la police. Une vraie fugue, pour un vrai renouveau.

L’héroïne est LE personnage principal, le personnage destructeur, manipulateur, c'est elle qui mène la danse (comme la DJ dans la pièce Transpotting par qui elle est représentée). Elle est celle de trop dans le triangle amoureux. " C'était une véritable histoire d'amour. Gemma, moi et la dope" (page 416). Elle les a détruits, elle a flouté leurs sentiments, elle a trahi la réalité, elle leur a fait des promesses qu'elle n'a pas tenue, comme une mauvaise maitresse, comme un mauvais amant.

Personnellement, si je devais retenir une chose de ce roman, ça serait la suivante : Se droguer, c'est comme se mentir à soi-même. Ne soyons pas dupe. 
Julie, l'étudiante.

jeudi 3 janvier 2013

Post pré-lecture sur Junk.

Avertissement:
Cette note est basée sur mes a priori concernant Junk, j'ai uniquement pris connaissance de la première et de la quatrième de couverture.

Je pense que je vais apprécier la lecture de cet ouvrage car il me fait penser aux nombreux bouquins que j'ai dévorés entre 14 et 16 ans! Sex, Drugs & Rock and'roll ! Voici ceux qui sont toujours dans ma bibliothèque à l'heure actuelle :
- PILLE, Hell.
- DESPENTES, Bye bye Blondie.
- X, L'Herbe bleue.
- HELENE, J'ai commencé par un joint.
- SAMSON, On n'est pas sérieux quand on a 17 ans.
- SCOTT, Héroine.
-  BEIGBEDER, Nouvelles sous exctasy.

Je me rends compte à quel point j'ai lu sur le sujet, en quoi la drogue peut-elle fasciner ? Avec le recul, l'expérience, je me le demande vraiment. D'autant plus qu'aucun de ces romans ne la glorifie, les héros ont, pour la plupart, des destins tragiques, alors pourquoi avoir tant lu sur le sujet ? Le plaisir d'être dégoûtée ? Mystère... Faut dire, les dealeurs étaient nombreux dans mon école du centre ville...
J'espère, après ma lecture pouvoir comparer Junk à un de ces ouvrages ! Je penche déjà davantage pour Bye Bye Blondie, car le résumé apéritif évoque une fuite, une histoire d'amour...

Et puis, il y a les films, en plus des adaptations des romans pré-cités, il y a :
- Requiem For a dream
- Transpotting (Adapté au théâtre à Liège, il y a 2 ans ! Intense, beau, dur, tragique mais nécessaire.) 
- 99F (adaptation du roman de Beigbeder dans lequel le passage sous ecstasy dans la voiture  est juste hallucinant, et c'est le cas de le dire!)
- Nowhere
- Kaboom
- Twelve (avec un 50 cent irrésistible!) 
Comme la liste est longue, la drogue est donc un sujet qui passionne, et peut-être ME passionne.

Je pense effectivement, comme cela est très bien dit sur la 4ième de couverture qu'il "est préférable que les jeunes n'entendent pas parler de la drogue pour la première fois le jour où quelqu'un essaiera de leur vendre". Malheureusement, je pense également que la malaise est plus profond et que même si les jeunes connaissent les dangers de la drogue (mais également de l'alcool en grande quantité, de la cigarette et des rapports non-protégés -ces thèmes étant abordés dans les livres et films ci dessus-), ils n'en tiennent pas compte, car peut-être ont-ils l'impression de vivre une vie rapide, extrême, sans peur de la mort, car peut-être leur vie n'est pas importante à leurs yeux. Un vrai problème de société se pose donc ici, bien au-delà des dangers de la drogue à proprement parler.
Julie, l'étudiante.

mercredi 2 janvier 2013

Jennifer Jones dans la classe

Que faire de Jennifer Jones en classe ? J'ai bien une ou deux idées ! 

C'est tout de même incroyable à quel point on sait ce qu'on peut faire d'un roman avec des élèves quand on en a apprécié la lecture !

Tout d'abord, je pense que c'est un roman que l'on doit aborder en 3ième, le sujet du meurtre entre enfants est délicat. De plus, les incessants aller-retour sont peut-être une structure compliquée avant la 3ième secondaire.

Ensuite, je pense que c'est un roman que l'on doit faire lire aux élèves en réalisant en classe plusieurs arrêts sur lecture, notamment après le 2ième chapitre pour s'assurer de la compréhension de la fin de ce chapitre où l'on apprend que JJ = Alice. Il est aussi intéressant de faire un arrêt après le chapitre 18 afin d'énoncer des hypothèses de lecture : Va-t-elle mourir ? Mais pourquoi Jennifer serait condamnée alors, il s'agit d'un accident, elle n'avait pas l'intention de la tuer ? Etc... Enfin, un dernier arrêt à la fin de la troisième partie qui consisterait en une rédaction, invente la nouvelle vie de Jennifer Jones.

Autre chose encore, notamment pour permettre à certains élèves plus faibles de mieux comprendre la trame et de saisir tout le sens du récit, je leur demanderais de remettre les événements dans l'ordre chronologique, je pense que c'est une activité qui peut être faite de manière rapide, mais qui doit être faire pour s'assurer de la compréhension des élèves.

Autre idée, une idée de genre : Je pense, personnellement, le cours de Mme Centi me le confirmera peut-être, que c'est un roman policier, dont on ne cherche pas l'assassin mais le mobile. Pourquoi ne pas donc l'aborder à la fin d'une séquence sur le récit policier ? A la fin, parce qu'il est ne respecte pas vraiment le schéma classique. (Mais, personnellement, j'ai toujours l'impression que les variantes embrouillent les élèves, j'entends déjà au loin : "Oui, mais madame, il y a pas d'enquête vu qu'on sait qui c'est qui l'a tuée" GRRRRRR)


Et du côté de la morale, mais également du français, ne faisons pas de jaloux, je me dis qu'il serait quand même pertinent d'étudier l'image de l'homme dans ce roman.
- M Cottis est un photographe de charme (pour ne pas dire vulgairement de photos pornos!);
- Les deux frères de Lucy  pensent au sexe en permanence, se touchent même en public lors du pique-nique (sans mauvais jeu de mots);
- Frankie donne, au début, l'impression de ne penser qu'à faire l'amour avec Alice, puis son comportement est nuancé quand il apprend qu'elle est toujours vierge.
Quid du père de Jennifer ?

En écrivant ceci, je me rends compte également que la sexualité a une place importante dans le roman et qu'elle est toujours présentée de manière problématique : Prostitution, difficulté et importance de la première fois.  Parti pris que l'on peut - doit -  tempérer en classe, tout comme l'image de l'homme.

Enfin, juste parce que je sais à quel point il n'est pas évident de trouvé des textes existants pour des exercices contextualisés, il y a un passque que l'on peut reprendre pour une leçon sur l'accord des participes passés, il est situé page 133.


Madame Ruwet, la prof.


« Juger, c'est de toute évidence ne pas comprendre puisque, si l'on comprenait, on ne pourrait pas juger. » MALRAUX

Cette fois, j'ai adoré, pour deux grandes raisons :
-  Les sujets m'ont intéressée : le rôle des médias dans notre société est un thème que j'apprécie et que j'aime décortiquer, comme j'ai pu le faire dans le cadre du cours de Mme Grailet avec le terrible essai de Bourdieu "Sur la Télévision". La difficulté de la réinsertion est aussi un sujet qui m’intéresse parce que je pense que l'appartenance à une société est toute relative pour certaines personnes, comme les meurtriers, les prostituées, les SDF. Ce sont des personnes complètement rejetées par la société, que l'on tolère (sens péjoratif), mais dont la société a presque besoin pour pouvoir les médire. Quels mécanismes psychiques complexes nous poussent à agir de la sorte ?

-  La construction du récit m'a permis de rester en haleine jusqu'au 3/4 du roman car c'est seulement à ce moment que l'on apprend les raison du geste de JJ. Au début, je dois avouer que j'ai eu un peu peur d'apprendre si vite qu'Alice était JJ, je me suis dit, mais pourquoi le dire si tôt, pourquoi ne pas laisser planer le doute ?? Heureusement, cette inquiétude a vite disparu et le suspens s'est porté sur autre chose : Qu'a-t-elle fait ? Pourquoi l'a-t-elle fait ?

C'est donc un roman que j'ai beaucoup apprécié pour ces deux raisons, mais également parce que le style fluide, les chapitres courts, et les flashbacks récurrents permettent de ne jamais s'ennuyer !!

Julie, l'étudiante