Je ne comptais pas faire d'article sur Semprun au départ. J'ai adoré cette lecture une fois que je m'y suis réellement plongée et je n'avais aucune envie de réfléchir et d'expliquer pourquoi.
Mais... j'ai lu l'article d'Océane et je me suis dis, c'est pas possible, il faut que tu répondes ! Je m'étais alors lancée dans un commentaire qui devenait excessivement long et c'est pourquoi j'ai finalement décidé de faire un article.
Chère Océane, JE NE SUIS PAS D'ACCORD !!
L'écriture d'une vie, l'écriture d'une mort. Comment décrire la mort quand on est en vie ?
C'est de cette question dont il s'agit dans le roman de Semprun, L'écriture ou la vie.
Un roman d'une grande force et d'une grande puissance. En le lisant, j'avais l'impression d'écouter un vieux bonhomme qui parcourt ses souvenirs, par associations d'idées, comme le ferait un psychanalysé sur un sofa qui n'arrive pas à dire ce qui est au-delà du dicible.
Certes, ce sont des souvenirs décousus, mal organisés, mais n'est-ce pas notre vie ? Notre vie ne résume-t-elle pas à de grands moments, à des souvenirs marquants ? Notre vie est-elle linéraire, organisée, toujours d'un intérêt égal ? Personnellement, j'en doute et c'est pourquoi je pense que justement l'écriture de Semprun reflète cette vie, la vraie. Bien loin de celle imaginée dans les romans. Une vraie vie, pour une autobiographie psychanalytique véritable.
Ensuite, qui est Bakouine ? Qui est Halbwachs ? Voilà des choses intéressantes. Bakouine, je le savais, mais Halbwachs j'ai cherché et j'ai donc appris.
Pour Bakouine, il est pas connu alors qu'il a été un philosophe et un politique assez influent, il est contemporain à Marx. Il a dit quelque chose que je trouve très intéressant et que je copie-colle : "Dieu est, donc l'homme est esclave. L'homme est libre, donc il n'y a
point de Dieu. Je défie qui que ce soit de sortir de ce cercle, et
maintenant, choisissons".
Je dois t'avouer Océane que j'adhère assez bien à sa philosophie, et je pense que toi aussi, sans le savoir. En effet, c'est un philosophe qui défendait l'idée que Dieu a été crée par la religion et par l'homme et qu'il sert de réponse à la peur des phénomènes inexplicables. Il dit aussi que Dieu est un moyen pour les dominants d'exploiter les dominés. Une fois de plus, je suis mille fois d'accord !
Par contre, son parapluie, je ne le connais pas !
Halbawchs, quant à lui, est un sociologue proche de Durkeim qui a conceptualisé la mémoire collective.
J'espère que je t'ai fait un tout petit peu changer d'avis, et que tu pourras lire ces maudites 10 dernières pages ? Et puis après....
4 commentaires:
J'adhère vraiment à ton article, en fait.
La seule chose qui diverge, c'est le fait que tu as adhéré au style d'écriture, et moi, pas.
J'aime les récits structurés, et comme tu l'as si bien dit, dans ce livre, j'ai eu l'impression qu'un vieillard (avec un vie de fou hein, je ne le nie pas) me racontait son histoire de façon complètement décousue. Or, si dans une conversation, c'est possible d'interrompre la personne pour lui demander des précisions, des détails, ça ne l'est pas dans une lecture...
Pour te dire la vérité, je savais qui était Bakounine (finalement) parce que j'ai passé mon temps entre le dictionnaire et le bouquin, tellement il regorgeait de références inconnues. Alors, un peu, c'est intéressant, mais trop, ça gâche le plaisir de lire (qui n'était déjà pas bien présent).
Je me suis peut-être mal exprimée en fait, ce n'est pas le livre qui est mauvais, c'est moi qui n'ai pas aimé ce style d'écriture=)
J'aime bien ta façon d'interagir avec moi en tout cas! ^^
J'en conviens que c'est particulier comme style. Chacun ses goûts. J'ai bien aimé cette originalité qui, certes, nous oblige à faire travailler davantage nos méninges voire nous oblige à aller au dico...
Je trouve que c'est aussi l'avantage du blog, pouvoir interagir dans l'immédiateté, ce qui n'est pas possible avec les personnes qui ont opté pour la version papier :) !
Au début, je pensais comme Océane...D'ailleurs j'ai abandonné la lecture après 40 pages. Et puis, j'ai été obligée de recommencer! Et là, c'est comme si je découvrais un autre livre! Je lisais lentement, très lentement, découvrant la profondeur des phrases que j'avais survolées. Bien sûr, ce n'était pas ce à quoi je m'attendais, je m'attendais à un récit sur les camps. Semprun n'a fait qu'éviter ce récit. Après, une fois ma déception passée, j'ai pu savourer. Et comme toi, j'ai eu l'impression d'écouter un vieux monsieur, un sage! Quelqu'un qui avait vécu et qui me faisait réfléchir. Donc de l'avis d'Océane je suis passée à celui de Julie. Ce que j'en ai retiré? Je pense que parfois, il suffit de lire le bon livre au bon moment et vice versa! Je n'étais pas dans un état d'esprit propice à ce livre et puis je l'ai été! Ce qui me permettra peut-être d'avoir un avis moins tranché lors de mes prochaines déceptions littéraires!
Je t'avoue Sarah que quand tu m'as dit que tu n'accrochais pas à Semprun, j'étais étonnée parce que je lisais en pensant à toi. C'est tellement ton sujet, ton dada, que je ne pouvais pas te laisser passer à côté ! Je suis très contente que tu aies changer d'avis et que sur le long terme ça te permettra d'être plus indulgente...
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