Je pense que je pourrais comparer Junk à la plupart des romans et des films que j'ai cités dans l'article que j'ai écrit avant ma lecture, mais le seul que j'ai vraiment eu en tête tout au long de ma lecture, c'est l'adaptation du film Transpotting au théâtre "Le Proscenium".
Une scène recouverte de matelas, à la façon d'un squat, une DJ en chemisier transparent qui a dansé et mixé tout le long de la pièce, 4 amis qui se droguent, qui veulent arrêter, qui recommencent, la fille tombe enceinte...
J'ai revu toute la pièce en filigrane dans le livre, mais pour une fois, ça ne m'a pas déplu, je pense même que ça m'a mise davantage dans cette ambiance.
Un exemple m'a quand même vraiment frappée, et il est commun à de nombreux romans sur la drogue, c'est ce refus d'une vie banale, sur des rails (sans mauvais jeu de mots), préétablie.
Transpotting
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Junk
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Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une
famille, choisir une putain de télé à la con, choisir des machines à laver,
des bagnoles, des platines laser, des ouvres boites électroniques.
Choisir la santé, un faible taux de cholestérol et une bonne
mutuelle, choisir les prêts à taux fixes, choisir son petit pavillon, choisir
ses amis.
Choisir son survet’ et le sac qui va avec, choisir son canapé avec
les deux fauteuils, le tout à crédit avec un choix de tissu de merde, choisir
de bricoler le dimanche matin en s’interrogeant sur le sens de sa vie choisir
de s’affaler sur ce putain de canapé et se lobotomiser au jeux télé en se
bourrant de McDo.
Choisir de pourrir à l’hospice et de finir en se pissant dessus dans
la misère en réalisant qu’on fait honte aux enfants niqués de la tête qu’on a
pondu pour qu’ils prennent le relais.
Choisir son avenir, choisir la vie.
Pourquoi je ferais une chose pareille ? J’ai choisi de pas choisir la
vie, j’ai choisi autre chose. Les raisons ?
Y’a pas de raison. On n’a pas besoin de raison quand on a l’héroïne.
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Il faut aller à l’école, réussir ses examens, faire des études
supérieures, décrocher un boulot, se marier, ne pas rater le coche et surtout
ne pas traîner, sinon, on fout sa vie en l’air.
(Page 208)
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Tous les clichés sur la drogue sont présents, parfois, un peu trop peut-être à mon goût... La drogue douce qui mène à la drogue dure, certes oui, mais dans des conditions bien particulières. La drogue qui mène à la prostitution, certes oui, mais dans des conditions bien particulières. L'alcool qui mène à la violence, certes oui... vous connaissez le refrain... Comme vous l'aurez compris, j'aurais apprécié plus de nuances, une plus grande insistance sur toutes les raisons qui font qu'on passe à l'acte.
Le vrai plus pour moi, c'est clairement la polyphonie du roman qui permet de varier les points de vue de façon considérable, d'identifier les mensonges, les tromperies, c'était vraiment judicieux et très bien construit, surtout sur la fin. Mon petit doigt me dit que Madame Ruwet en parlera dans son prochain article.
Pour ce qui est des personnages, ils sont nombreux et tous différents, mais je me suis particulièrement attachée à Gemma. Je l'aurais secouée bien des fois, je lui en veux d'avoir entraîner Nico sur la mauvaise pente, mais je suis persuadée que même si elle n'avait pas été là, Nico se serait retrouvé dans ce milieu de la drogue. Quand on est à la rue, il est très difficile d'y échapper. J'ai admiré son courage de fuguer une deuxième fois et cette fois pour les bonnes raisons, avec des vraies résolutions, la tête haute et en sauvant ses amis par son appel à la police. Une vraie fugue, pour un vrai renouveau.
L’héroïne est LE personnage principal, le personnage destructeur, manipulateur, c'est elle qui mène la danse (comme la DJ dans la pièce Transpotting par qui elle est représentée). Elle est celle de trop dans le triangle amoureux. " C'était une véritable histoire d'amour. Gemma, moi et la dope" (page 416). Elle les a détruits, elle a flouté leurs sentiments, elle a trahi la réalité, elle leur a fait des promesses qu'elle n'a pas tenue, comme une mauvaise maitresse, comme un mauvais amant.
Personnellement, si je devais retenir une chose de ce roman, ça serait la suivante : Se droguer, c'est comme se mentir à soi-même. Ne soyons pas dupe.
Julie, l'étudiante.
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