lundi 28 janvier 2013

L'imbécile heureux !

            Ayant une grande masse de livres à lire pour le deuxième quadrimestre, je ne savais pas où commencer ce  travail. Une soirée de déprime, sous les conseils de notre brillantissime et avisée conseillère de lecture je nomme Sarah Michel, je commence et je termine Des Fleurs pour Algernon. Je ne peux qu’applaudir cet auteur qui a réussi à travers un récit très simple à provoquer des réflexions extrêmement profondes sur l’intelligence, l’accessibilité au bonheur, l’amour et forcément le handicap mental.
Pourtant, c’était vraiment mal parti entre ce livre et moi, pour des raisons qui frôlent le ridicule, mais qui sont partagées par d’autres que moi, j’en suis certaine, il suffira de demander à Davina. Le livre est moche. Pas spécialement la couverture, mais les pages internes. J’ai acheté l’édition « J’ai lu », elle est vieillotte, les marges sont minuscules, il y est impossible d’y mettre des commentaires, l’encre est ancienne et grossière. Rien qui donne envie de lire.
Je passe finalement au-dessus de tout ça, et je commence ma lecture à voix haute car le début est un réel exercice de déchiffrage. Étonnamment, ça ne me rebute pas, j’ai envie de savoir ce qui se passe dans la tête de cet handicapé (Un peu comme dans « Simple » de M-A Murail). Et je suis prise dans l’histoire, j’ai plus envie de lâcher le livre malgré les heures qui s’enfoncent dans la nuit et mon esprit qui me dit « tu devrais aller dormir, tu le finiras demain ».
Charlie Gordon est un personnage double, complexe, à la limite de la schizophrénie quand l’ancien Charlie vient guetter le nouveau. Je pense que c’est en ça que son personnage, en plus d’être touchant, est extrêmement intéressant. Mais notre passé ne nous guette-t-il par en permanence ? Notre personnalité est-elle un tout indivisible ? me suis-je demandé lors de ma lecture.
De plus, le travail de l’auteur est minutieux, par l’orthographe, la syntaxe, la grammaire et le vocabulaire, il fait évoluer le personnage de débile à génie, pour le faire, par après, régresser. C’est une horrible torture qui lui inflige.
Régresser. Voilà un mot qui me fait peur, qui m’effraie, qui me terrorise. Et si un jour, j’étais atteinte Alzheimer ? Et si un jour je ne savais plus ce que je sais aujourd’hui ? Et si un jour, je me réveillais à côté de quelqu’un que je ne reconnais pas ? Je pense que c’est une des maladies, une des fins de vie qui me fait le plus peur. Comme si tout ce que j’ai durement acquis, à l’inverse de Charlie pour qui ça été un jeu d’enfant, s’envolait ? J’en ai des frissons, mais je sais ce que je ferais.  Je ne supporterais pas le vivre, alors j’y mettrais fin.
Je m’éloigne du sujet, revenons au roman. Je pense qu’il est une fabuleuse porte d’entrée à la science-fiction, qui, on le sait désormais, a rebuté une grande partie d’entre nous, un jour où l’autre par les mauvaises représentations qu’on en avait. Je tiens d’ailleurs à remercier Mme Jaminon entre autre, qui nous a permis d’évacuer tous nos préjugés grâce à la lecture des Lutteurs Immobiles.
Il s’agit ici de science-fiction d’anticipation, si je ne me trompe pas, et c’est celle que je préfère parce qu’elle est très réaliste. Je pense en effet que ce qui est arrivé à Charlie pourrait se produire dans un avenir proche, peut-être même plus proche que ce qu’on le croit.
En conclusion, une fois de plus un roman de science-fiction qui me plait par les réflexions qu’ils suscitent, sur lesquelles je reviendrai dans l’article suivant et qui j’espère plaira à mes élèves à qui je le donnerai sans hésiter ! (Explications au prochain épisode).
Julie, l’étudiante.

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