vendredi 3 mai 2013

Sobibor, c'est une vieille histoire d'amour !

Sobibor... Je vous en avais déjà parlé...Souvenez-vous !
Voici ce que j'avais écrit à l'époque :



J. MOLLA, Sobibor, Gallimard, « La bibliothèque », Paris, 2006.
1. Résumé apéritif :
Quand Emma se sent triste, elle mange tout et n’importe quoi et se précipite pour tout vomir dans les toilettes. Pour quelles raisons ? Le détachement de ses parents, le silence, les secrets de famille habilement entretenus ? Emma voudrait comprendre.
 Après la disparition de sa grand-mère, Mamouchka, Emma découvre au fond d’une armoire, un vieux cahier, « Le journal de Jacques Desroches », qui fera surgir du passé d'effroyables secrets qui vont bouleverser la vie d’Emma, en la confrontant de plein fouet à l'horreur de la Shoah…

2. Avis.
S’il y a un roman que je retiens de toutes mes années secondaires, c’est bien celui-là. Il étonne, il choque parfois, mais il est lourd de sens.
Les livres sur les camps sont parfois très lourds, loin du vécu des lecteurs, et donc plutôt lourds à lire. La façon dont Molla l’aborde ici est bien différente. Il a choisi de présenter toute la partie historique sous forme de journal intime. Cela permet à l’auteur d’intégrer des sentiments, des émotions par rapport à une réalité historique plus théorique et abrupte, et au lecteur de traiter ce sujet de façon inhabituelle, bien loin des bancs du cours d’histoire.
De plus, l’auteur met également l’accent sur l’impact que des évènements historiques peuvent avoir sur la vie de famille, les secrets et les mensonges qu’ils entrainent. Et c’est précisément ce qui m’a plu, j’ai des grands-parents qui ont vécu la guerre, qui m’en ont beaucoup parlé et donc cette partie du récit, en plus de m’avoir agréablement étonnée par sa forme, m’a touchée intiment par le fond.
Ensuite, l’histoire de cette jeune adolescente en pleine crise, qui se mêle à l’Histoire, est particulièrement émouvante. On se sent complice d’Emma, on connait la vérité, sa vérité, celle que ses parents ignorent. Cette complicité donne le sentiment de vouloir poursuivre le récit pour voir comment la jeune fille va s’en sortir. D’autant plus que, ce récit de vie est interrompu par le récit historique, ce qui met le lecteur dans une position d’attente.

Enfin, il est vrai que de la plupart des romans de la littérature de jeunesse que j’avais lus dans le secondaire tendent à faire rire, ou à émerveiller. Ici, on est au contraire confronté à la réalité du monde de l’adolescent. Le but du roman est de faire passer un message, de donner une leçon de vie authentique sur la réalité du monde. D’une part sur le devoir de mémoire de la Shoah, et d’autre part sur les ravages de la maladie, ici de l’anorexie, pour comprendre que des jeunes comme tout le monde s’aventurent parfois dans un mécanisme dangereux mettant en péril leur vie pour le seul prétexte qu’ils se sentent physiquement différents.
En conclusion, l’auteur essaie de nous faire comprendre qu’il  ne faut jamais oublier le passé afin de comprendre le fil de notre existence, qu’il faut savoir faire la part des choses entre les sentiments personnels et les actes de barbarie qui ont été exécutés par des personnes que l’on n’aurait jamais pu soupçonner.
Ce récit essaie donc d’aider le lecteur adolescent à mûrir et à comprendre la société dans laquelle il vit…  
Julie Ruwet, 1FMO

2 commentaires:

Unknown a dit…

C'était celui que tu avais choisi en première?
Ton avis a-t-il changé, ne serait-ce qu'un peu?

Unknown a dit…

Je n'aime pas le fait de relire une même histoire. Je sais ce qu'il va se passer, je connais la fin...voilà, donc ma lecture (la 3ième) n'a pas été agréable. Mon avis personnel n'a pas réellement changé. Cependant, c'est davantage avec des yeux de prof et d'étudiante, qui, en plus, finit d'étudier une séquence sur les récits de vie, que j'ai effectué cette lecture...